09 juillet 2009
une tombe accueillante de Michael Koryta
Une tombe accueillante de Michael Koryta

un livre offert par ; chez les filles
merci à eux et à Suzanne ainsi qu'aux édtions du Seuil
Mon impression : j’avais une certaine appréhension de par le titre qui n’est pas accueillant comme son nom (vous comprendrez sa signification en cours de l’histoire), et bien détrompez-vous, car je me suis vraiment régalée à la lecture de ce policier, genre de livre que j’aborde que rarement sûrement dû à de mauvais souvenirs de lecture policière. Je dois dire que l’histoire est rondement menée, extrêmement équilibrée par le suspense comme fil d’Ariane, nous avons qu’une intuition : tenir ce fil ne plus le lâcher et se laisser glisser pour aller au bout, découvrir la lumière sur ces crimes.
J’ai apprécié le style d’écriture, d’une fluidité étonnante pour un policier, comme quoi j’ai encore des stigmates de mes anciennes lectures pour m’en étonner. J’ai adoré le personnage principal, sa ténacité, sa finesse et sa force, son courage, il apparaissait plus pour nous prendre à témoin en nous attirant à ses côtés afin de prouver son innocence et démolir le coup monté, que comme l’héros de l’histoire. J’ai ressenti comme une fusion entre le lecteur et ce détective, envie de le soutenir dans son combat, être là comme témoin de toute cette aventure ou périple judiciaire.
Suivre l’enquête m’a captivée d’un bout à l’autre du roman et je peux vous assurer qu’il n’y a aucune place pour la morosité. Ce livre est un vrai plaisir, bien même si on n’est pas fan de policiers comme moi, je n’ai ressenti à aucun moment la lourdeur, le manque d’originalité, le truc qui tourne en rond, l’enquête classique pour ne pas dire basique d’un ennui mortel comme dans beaucoup de policiers. Bien au contraire, l’histoire est merveilleusement bien ajustée et jamais l’auteur abuse des scènes style feuilleton télévisé qui m’horripile ! Ici vous croiserez la douceur malgré la violence des faits, car c’est écrit avec charme et poésie, beaucoup de psychologie, je suis réellement bufflée. Les faits s’enchaînent, s’emboîtent, s’ajustent, au fur et à mesure, et la construction se dévoile à nos yeux pour s’achever en apothéose. C’est un auteur qui me réconcilie avec les policiers, un auteur que j’aborderai les yeux fermés, car son écriture et son talent m’ont franchement épatée.
Pour extrait pour une fois n’est pas coutume, j’ai choisi un passage des remerciements de l’auteur que j’ai apprécié et qui reflète bien à en croire mon ressenti la personnalité de l’auteur qui ne peut que se reproduire dans son écriture :
- J’ai éprouvé un réel plaisir à rencontrer les propriétaires et employés des librairies de tout les pays ; ils m’ont toujours gracieusement accueilli et semblent véritablement amoureux de leur travail. Je les remercie de leur soutien.
- Si j’écris, c’est parce que les œuvres d’autres écrivains m’ont diverti et inspiré au fil des ans. Ils continuent d’être une source constante de motivation – directement ou indirectement. C’est un véritable et précieux privilège de recevoir les conseils et l’encouragement des écrivains qui m’ont montré la voie et je leur en suis très reconnaissant.
J’ai trouvé ses mots touchants ce qu’il dit pourrait être aussi le dialogue de ses propres lecteurs. Ce auteur est incontestablement avant tout un amoureux des livres comme beaucoup d’entre nous, un amoureux des mots, qui a su les apprécier en tant que simple lecteur pour enfin nous livrer en tant qu’auteur, et je pense que tout cela se ressent dans son écriture qui n’est pas barricadée mais au contraire un réel envol de cet amour des mots et des livres. Merci à lui de nous avoir fait partager à son tour ce moment de lecture.
Résumé :
Lincoln Perry gère tranquillement son agence de détectives lorsque l’inspecteur Targent commence à s’intéresser à lui : l’avocat Alex Jefferson vient d’être assassiné et, trois ans plus tôt, Perry l’avait rossé pour avoir épousé son ex-fiancée, Karen. Perry s’était alors fait virer de la police. Temporairement hors de cause, Perry est contacté par la veuve de l’avocat qui veut retrouver Matthew, le fils d’Alex séparé de sa famille depuis cinq ans. Celui-ci doit hériter de huit millions de dollars. Sauf que ce qui semblait se réduire à une simple recherche de personne disparue tourne vite au cauchemar aussi bien pour Perry que pour Matthew. Dans un milieu où ceux qui font de grosses affaires fraient souvent avec des individus peu recommandables, tout indique qu'on suit de près l’enquête de Perry dans le but de ne pas la voir aboutir.
08 juillet 2009
Les déferlantes de Claudie Gallay

Les déferlantes de Claudie Gallay
Quatrième de couverture : La Hague…Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu’il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d’hommes. C’est là que la narratrice est venue se réfugier depuis l’automne. Employée par le centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu’elle voit Lambert, c’est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d’un certain Michel. D’autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l’ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent.
L’histoire de Lambert intrigue la narratrice et l’homme l’attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Mon avis : une histoire qui vous attire qui vous captive et vous capture… j’ai aimé la façon dont l’auteur nous trace la psychologie des personnages, des êtres blessés à vif, en quête d’une identité ou d’une vérité, d’autre en fuite, d’autre au seuil d’un renouveau… le style d’écriture est particulier : découpage en petits chapitres, brièveté des phrases, un peu comme une mosaïque à construire, un jeu de patience qui au bout nous révèle toute la splendeur de l’œuvre achevée. J’ai apprécié cette construction, la façon dont l’auteur nous mène au fil de la romance au rythme de la mer. Comme les ressacs, le passé vient se fracasser sur le présent ou l’inverse !
Une remarque à faire : je n’ai pas apprécié ces : il a dit ça, c’est cela qu’il a dit, il l’a dit, Elle l’a fait comme ça… etc… cela m’a surpris et j’ai trouvé cette manière déplaisante car revenant trop souvent bien qu’au début j’ai trouvé cela original mais tout le long du livre, cette originalité c’est vite transformée en désagrément…désolé ! J’ai ressenti comme une rupture dans l’harmonie générale que dégage de l’écriture, on peut s’étonner voire s’interroger de ce manque de délicatesse alors que tout le reste est excellent : l’histoire, les personnages, la description, le petit clin d’œil à Prévert, l’intrigue, le dénouement, la fin comme le début bref un bon roman sauf ce bémol dommage ! Est-ce un choix délibéré de l’auteur ou pas ? Je lirai d’autres livres de Claudie Gallay sans doute j’y trouverai une réponse à ces : ça, cela, etc…. tout ceci n’est qu’un ressenti personnel et qui ne remet aucunement en cause la qualité de ce livre, mais ça m’a suffisamment turlupiner pour devoir bon de le souligner…
Si vous ne l’avez pas encore lu, n’oubliez pas de le mettre dans vos valises vous ne serez pas déçus. Quelques 600 pages qui se dégustent d’une traite sans jamais se lasser… vivifiant, émouvant, attendrissant, on se prend vite de sympathie pour ces personnages, bien vite on fait partie du décor, et on n’a plus très envie de quitter cette histoire… emporté par le vent de la Hague ou sur les ailes d’un oiseau migrateur venu chercher un coin de répit, un instant se poser pour se trouver, puis repartir sans jamais revenir …
Extrait : Michel écrit : ce monastère qui devait être une étape a été l’arrivée. Je reste ici, envoûté. Bonheur de marcher au milieu de la montagne. Le vent parfois, qui se fracasse. Et les étoiles, la nuit. Le soir, je me raconte sur mon petit carnet tout ce qui me remplit. Tout est si présent. Je ne trouve pas de mots pour l’exprimer. Peut-être une profonde intimité. Embrassez Mère pour moi.
Théo a sorti du placard une photo qu’il a glissée à côté des lettres.
- c’est lui Michel.
La lampe a éclairé la photo, le visage d’un homme assis à une table. Vêtu d’une grande robe de bure claire avec une capuche qui lui tombait dans le dos. Ses mains étaient ramenées devant lui, un livre ouvert sur la table. Un autre livre plus petit que le premier était fermé à côté. Un bol blanc. L’homme avait les yeux baissés sur le livre.
07 juillet 2009
Basho - Cent onze Haïku
Bashõ
Cent onze Haïku
Editions du Verdier, Traduits du Japonais par Joan Titus-Carmel
Quatrième de couverture : Bashõ est l’une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son œuvre, il a imposé dans sa forme l’art du haïku, mais il en a surtout défini la manière, l’esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haïku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c’est l’instant révélé dans sa pureté.
La vie de ce fils de samouraï, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d’un maître du haïkaï les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l’actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l’habit de moine, et s’installe dans son ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un Bashõ, offert par l’un de ses disciples – ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d’amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haïku à ses disciples éplorés, il cesse de s’alimenter, brûle de l’encens, dicte son testament, demande à ses élèves d’écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un Bashõ.
Mon impression : Le livre par lui-même dans son style est très joli, très épuré avec à chaque page un poème et sa calligraphie correspondante et le poème d’origine en japonais ; le tout sur papier ivoire, en couverture calligraphie de Bashõ, en annexe quelques précisions sur des noms peu communs pour nous européens. Un livre qu’on aime ouvrir au hasard des pages et découvrir ces perles si légères mais pourtant si profondes et chargées de réflexion, tout l’art de Bashõ, en 17 pieds nous souffler l’essentiel du moins le fil conducteur.
J’aime la poésie, la pratique et me prête à cet art qui pourrait sembler très simpliste, détrompez-vous, il n’est pas permis à tous de pénétrer cette sphère particulière des mots pour en cueillir le cœur et le livrer dénudé de fioriture. Je pense qu’il faut de la pratique, un certain sens de l’équilibre, peut-être un brin de fantaisie, une sensibilité à fleur de peau, un amour de la nature, savoir transposer les faits à l’état pur, sans les charger, simplement, naturellement… ligne pure, aérienne, qui nous donne cet envol au pays de la poésie… je considère cet art comme une forme de sagesse, tout comme la calligraphie qui requiert non seulement de la technique mais au-delà la pensée …
Extrait : Devant un éclair
L’homme qui ne comprend pas
Est bien admirable !
Je vous laisse le soin de découvrir les 110 autres poèmes tous aussi succulents les uns que les autres.
Je conseille ce livre à tous ceux qui connaissent peu ou pas les haïkus, ils feront leurs premiers pas auprès d’un maître incontesté en la matière. Je le recommande à tous ceux qui apprécient les haïkus de Bashõ ou d’autres.
Pour ceux qui comme moi sont tentés pour pratiquer ce style, je conseille l’excellent manuel sur cette pratique : Petit manuel pour écrire des Haïku de Philippe Costa en voilà le résumé :
Un haïku ? Un court poème japonais de seulement 17 syllabes. Un poème des choses banales de la vie quotidienne, des bonheurs minuscules et des tracas sans lendemain, de la trivialité parfois, mais toutes choses le plus souvent écrites avec humour.
Ce petit manuel est une boîte à outils littéraire pour « bricoler » des haïkus. La boîte est complète, c'est-à-dire que les outils qui y sont contenus rassemblent toutes les connaissances littéraires théoriques nécessaires pur devenir un haïkiste parfait ! Il n’y manquera qu’un zeste de talent, mais aussi du travail et du temps.
****
Et moi je rajouterai du détachement … de la persévérance, de la patience … ce petit manuel est complet et aborde différents styles, pour sûr chacun y trouvera son chemin… vous y apprendrez aussi tout ce qui s’apparente à cet art comme le senryû…
NB : Au pluriel avec S ou sans pour l’orthographe d’haïku parfois on le croise avec mais le plus souvent sans …
02 juillet 2009
Les affamés de Yann Queffélec
Les affamés de Yann Queffélec

Livre qui rejoint mon challenge ABC
Offert dans le cadre du swap des régions par Liza que je remercie
Quatrième de couverture : Les Affamés sont tous ceux que je fus ou m’imaginais devenir autrefois – gosses rêveurs, menteurs, casse-cou, voyeurs, adolescents violents, trouillards, généreux-, trop seuls pour avoir quelque chose à donner ou trop avides pour être attirants. Ils n’obéissent qu’aux lois du désir, ne cherchent que l’amour, la proie, tour à tour innocents, pervers, dépravés. Héros enfantins, ils ne seront jamais tout à fait grands ni satisfaits. Avec les Affamés je revis bien des erreurs que j’ai faites pour ne plus être un insatiable paumé. Mais la jeunesse – le bel âge vif – est un climat dont on ne réchappe pas toujours, et dans ce cas une fatalité.
Mon avis : petites nouvelles qui se lisent agréablement même si parfois nous avons l’impression de se sentir égarés mais l’auteur sait nous attirer au cœur de l’intrigue pour nous surprendre sur la chute. Les histoires sont toutes singulières, parfois décapantes, originales sûrement à l’image de l’auteur que je connais que très peu. L’écriture est originale, un style peu commun et appréciable. Je ne peux que vous recommander de découvrir ces nouvelles.
Ce fut un moment de lecture surprenant qui change des romans c’est en cela que j’apprécie de lire des nouvelles par la brièveté de l’histoire, et toujours une fin qu’on ne peut deviner au fil des mots tout l’art et la manière d’un nouvelliste. On va de surprise en surprise, c’est vivifiant, rebondissant, vertigineux… lire plus souvent des nouvelles voilà une nouvelle résolution à faufiler dans mes choix de lecture.
