Merci à Suzanne de chez les filles et les éditions livre de poche pour cet envoi .

Quatrième de couverture

Dans ce récit, considéré aujourd’hui comme un classique de la littérature américaine, Maya Angelou relate son parcours hors du commun, ses débuts d’écrivain et de militante dans l’Amérique des années 1960 marquée par le racisme anti-Noir, ses combats, ses amours. Son témoignage, dénué de la moindre complaisance, révèle une personnalité exemplaire. à la lire, on mesure – mieux encore – le chemin parcouru par la société américaine en moins d’un demi-siècle…

Mon avis

Un beau récit autobiographique, aux paroles authentiques, à l’écriture franche, un témoignage d’un vécu à travers des mots d’enfant, sa vie cahotée , élevée en partie par ses grand-parents avec sévérité et respect dans les  traditions de son peuple noir et puis des épisodes avec cette mère qui représente l’opposé.

Deux tableaux différents qui pourtant ont en commun la volonté de nous témoigner des injustices subites au quotidiens par les Noirs. Il faut remettre l’histoire dans son contexte  qui se déroule début des années 30 et au-delà. On peut être surpris parfois par le peu de cas que l’auteur fait de toutes les avanies qu’elle a subies mais en avait-elle le choix ? Et avait-elle le droit de s’en plaindre ? Souffrir en silence et continuer sa route, tel semblait être le sort réservé aux gens de couleur.

On ressent dans son style, cette envie d’aller droit au but, pas de place pour le blabla, c’est net et direct, sans apitoiement ni rien. Qui aurait pu supposer le destin de Maya, une enfant si peu rebelle, acceptant sa situation devenir ce qu’elle est devenue.

Ne serait-ce pas sa force en ne perdant pas de temps à se morfondre mais plutôt agir pour parvenir à gagner sa lutte, la lutte de tout son peuple Noir.

J’ai apprécié son récit pour la découverte de cette époque et cette facette de l’Amérique. Par les passages teintés d’humour, par d’autres plus émouvants, dramatiques, je suis passée du sourire à l’émotion. J’ai malgré tout ressenti des passages un peu moins soutenus, comme si le récit s’essoufflait bien que je comprenne que l’auteur relate sa propre enfance, et que dans toute vie il y a des passages sans réelle intensité. 

Résumé

Un bon moment de lecture, un livre agréable à lire malgré ces petits creux par moments, beaucoup à apprendre par ce tableau peint par Maya, la condition des noirs mais aussi la vision des Noirs sur les Blancs : extrait page 37 ": “Mais je n’arrivais pas à considérer les Blancs comme des gens. …. Les Blancs ne pouvaient pas être des gens parce que leurs pieds étaient trop petits, leur peau trop  pâle et translucide, et puis ils ne marchaient pas comme tout le monde, sur la pointe des orteils- ils marchaient sur les talons, comme les chevaux.”

Je pense que je lirai la suite “tant que je serai noire” car cette lecture m’a portée vers la connaissance de cette femme courageuse et pleine d’espoir.

Extraits

Page 124 : “Sa voix glissait dans chaque mot, le contournait, l’explorait. Elle chantait presque. J’aurai voulu regarder les pages. Etaient-ce les mêmes que j’avais lues ? Ou y avait-il des notes, de la musique sur des portées comme un livre de cantiques ? Les sons commencèrent à se déverser doucement en cascade. “

Page 241 : “ Mme Flowers ne me manquerait pas, car elle m’avait donné son sésame pour conjurer le magicien qui serait à mon service toute ma vie : la lecture.”


L'auteur

Maya Angelou est une poétesse afro-américaine née le 4 avril 1928 à Saint Louis, Missouri (États-Unis). Auteur de mémoires, elle est aussi actrice. Elle est une figure importante du mouvement américain pour les droits civiques.

Un peu plus sur l’auteur

Maya Angelou :

"On ne quitte jamais sa terre. On l'emporte avec soi."

"I HAVE A DREAM"

Maya Angelou, militante de toujours, qui a côtoyé Martin Luther King, Malcolm X et l'écrivain James Baldwin, ne désespère pas de la situation de ses soeurs et frères africains-américains.

"Nous avons connu des gains et aussi des pertes et des deuils. Et pourtant, il faut voir le chemin parcouru. Les Africains-Américains sont désormais présents dans toutes les sphères d'activité. Dans le monde des affaires, sur tous les conseils d'administration, à la NASA,dans le monde de la recherche scientifique, partout, nous sommes représentés.

Et il a fallu lutter pour cela, c'est certain. Parce qu'on ne nous a jamais dit que nous étions les bienvenus."

Maya Angelou

Vous pouvez me rabaisser aux yeux de l'histoire
Avec vos mensonges tordus et amers
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière,
je me soulèverai
Est-ce que mon bonheur vous dérange ?
Pourquoi vous assombrir tant parce que je ris
Comme si j'avais trouvé un puit de pétrole
Au beau milieu de mon salon ?
Vous pouvez bien me fusiller avec vos mots
Me lacérer avec vos yeux
Je me soulèverai
Je me soulèverai
Je me soulèverai

Still I Rise en parole et en musique

You may write me down in history
With your bitter, twisted lies,
You may trod me in the very dirt
But still, like dust, I'll rise.
Does my sassiness upset you?
Why are you beset wtih gloom?
'Cause I walk like I've got oil wells
Pumping in my living room.
Just like moons and like suns,
With the certainty of tides,
Just like hopes springing high,
Still I'll rise.
Did you want to see me broken?
Bowed head and lowered eyes?
Shoulders falling down like teardrops,
Weakened by my soulful cries.
Does my haughtiness offend you?
Don't you take it awful hard
'Cause I laugh like I've got gold mines
Diggin' in my own back yard.
You may shoot me with your words,
You may cut me with your eyes,
You may kill me with your hatefulness,
But still, like air, I'll rise.
Does my sexiness upset you?
Does it come as a surprise
That I dance like I've got diamonds
At the meeting of my thighs?
Out of the huts of history's shame
I rise
Up from a past that's rooted in pain
I rise
I'm a black ocean, leaping and wide,
Welling and swelling I bear in the tide.
Leaving behind nights of terror and fear
I rise
Into a daybreak that's wondrously clear
I rise
Bringing the gifts that my ancestors gave,
I am the dream and the hope of the slave.
I rise
I rise
I rise.