Deuxième roman de B.Constantine, après avoir découvert son premier roman “Allumer le chat” je suis tombée sous le charme jovial de sa plume.

Des histoires de tout à chacun colorées d’un humour tendre sans prétention…

Avant de vous présenter mon avis, je souhaitais détailler le poste Auteur, pour mettre une image, une voix, une pensée afin de vous donner le ton de son roman.

L’auteur

A la fois scripte, céramiste et romancière, Barbara Constantine vit en région parisienne mais descend, dès qu’elle en a l’occasion, dans le Berry pour y planter des arbres (essentiellement des cerisiers et des pruniers !), retaper des granges en ruine, écouter les rossignols délirer les nuits d’été, et, surtout, passer un maximum de temps à regarder vivre ses chats Alcide Pétochard (gentil chamallow) et Pétunia Trouduc (comme son nom l’indique). Elle est l’auteur de « Allumer le chat » paru en 2007. « A Mélie, sans mélo » est son deuxième roman paru également chez Calmann-Lévy.

Une interview du site le blog des livres

Un Barbara, après ton premier roman, « Allumer le chat », qui a connu un franc succès, dans quel état d'esprit as-tu écrit le second, « A Mélie, sans mélo » ? Avec angoisse ?

  • Cela aurait été trop facile de repartir sur un truc branque comme le premier, mais je ne voulais pas non plus faire un truc totalement dramatique, donc le « sans mélo » était vachement important, par exemple pour moi. Mais je ne voulais pas cette même folie-là. Mais bien sûr que c'était super angoissant parce que pour le premier je n'étais pas attendue. Et là aussi il y a un truc c'est que très souvent, les gens qui ont aimé le premier me disaient : « Alors, à quand la suite ? » Mais je n'avais pas prévu de parler de suite. Par contre si je pense à une trilogie, c'est parce que je voudrais que cela se passe à peu près dans ces milieux-là. Je dis trilogie, mais cela sera peut-être une « quadrilogie. » Mais j'aime bien la campagne et les gens simples.

Deux Dans tes deux romans, les personnages sont cabossés, souvent issus de la campagne. Pourquoi ?

  • C'est vrai que quand je vais à la campagne, c'est un plaisir extrême, c'est formidable de rencontrer des gens un peu cabossés, oui. Les gens de la campagne sont secrets, on ne parle pas d'eux, on ne parle pas d'eux dans les journaux, on ne les voit pas à la télé, moi ça me plaît beaucoup. Il y en a qui ne sont pas piqués des vers, d'autres beaucoup moins. C'est aussi tout le plaisir de la rencontre. D'ailleurs, c'est marrant, il y a des gens qui sont discrets sur leur vie et petit à petit tu les découvres, et tu apprends des choses incroyables. Je trouve cela formidable.

Trois Dans « A Mélie sans mélo », les personnages sont extrêmement positifs. Ils vont dans une direction qui donne de la joie, non ?

  • Ça oui, j'aime bien donner de la joie. J'aime en avoir en moi en écrivant, mais aussi, peut-être, pouvoir la communiquer, c'est sûr. Mais en même temps, l'histoire que je raconte dure les deux mois de vacances, cela veut dire qu'on ne sait pas ce qui va se passer par la suite. C'est vrai qu'il y a de la joie, des amours qui se créent, mais cela s'arrêtera peut-être en septembre. C'est voulu : je ne voulais pas tomber dans le « tout est beau », même si la tendance est quand même celle-là. La joie ça m'intéresse !


Michel Field / Barbara Constantine : A Mélie, sans mélo
par hachette-livre

Quatrième de couverture

Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Sa petite-fille, Clara, vient pour la première fois passer toutes les vacances d’été chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu’elle a un problème de santé… Elle verra ça plus tard. La priorité, c’est sa Clarinette chérie !

Mélie, le mélo, c’est pas son truc. Elle va passer l’été (le dernier ?) à fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant La Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi… le vieux Marcel, qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique, Fanette, sa mère, qui va lui trouver un beau-père, Bello, son parrain, qui va agrandir sa bande de filleuls musiciens. Et puis, comme la vie est vraiment dingue des fois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour… Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !

Mon Avis

A Mélie sans mélo, est tout aussi succulent que “Allumer le chat” avec plus de tendresse, de douceur de vivre, un tableau estival autour d’une grand-mère que beaucoup rêverait d’avoir.

Un deuxième roman un peu moins bousculant et théâtral mais attachant, qui vous donne la pêche, il est construit en petits chapitres et beaucoup de dialogue. Cette construction a l’avantage de nous propulser au coeur de l’histoire sans l’ombre d’un ennui, bien au contraire, on aimerait prendre part à cette douce cacophonie de ce mélo sans drame auprès de Mélie.

L’ambiance est joyeuse, au parfum d’un été à la campagne, où la jeunesse côtoie la génération d’antan, ou les histoires d’amour se démêlent, se nouent et se brisent. Le tout servit par une plume alerte, simple mais chargée d’énergie et de tendresse à la fois.

Un deuxième roman certes moins percutant qu’Allumer le chat mais qui nous séduit tout autant. J’ai bien hâte de lire le troisième… peut-être pour cette nouvelle année 2010 !

Extrait unique qui vous donnera le ton

Vous…vous n’êtes pas au courant ?
– De quoi donc, Gérard ?
– Eh bien…Odile nous a quittés.
– …Elle est morte ?
– Mais non, voyons ! Elle nous a quittés,
moi et les enfants…elle est partie !
– Ah bon ! Vous m’avez fait peur…
– Cette tendance à toujours tout exagérer…
Oh ! Pardon, Mélie ! Je ne voulais
pas dire ça… Je ne suis pas trop dans mon
assiette, en ce moment, alors vous comprenez…
il y a des choses qui…Elle a laissé un
mot, avant de partir ! Odile. Sur le mur de
notre chambre. À la peinture rouge ! Elle a
écrit… Non, je ne peux pas. Mais c’est
clair, elle ne m’aime plus. Et bing ! En
pleine poire ! Voilà. Mais… je ne veux pas
craquer. Je dois penser à mes patients. Qui
attendent que je m’occupe d’eux, que je les
soigne. Leurs petites maladies, leurs petites
déprimes…C’est terrible, mais je n’y arrive
plus. Et je m’en fous ! Non. Je dis ça,
mais… vous le savez bien, vous, que je
ne pense pas toujours tout ce que je dis.