Un long week-end dans les Ardennes

Mot de l’éditeur, La grande pianiste Edith Waldschade aime les loups et en élève trois, en dépit des légendes effrayantes que lui racontait son père quand elle était enfant. Solitaire et taciturne, elle respecte ces animaux pour leur beauté et leur intelligence tandis que son père révérait en eux la bête souveraine de la mythologie nordique.
Dans sa propriété cernée de sapins surgit un jour l'inquiétant Erwin, qui prétend être son demi-frère. Que veut-il ? Que sait-il ? Le mystérieux passé familial dont il semble être le dépositaire mêle superstitions et peurs ancestrales à une histoire plus récente, celle de l'Europe brune des années 1930-1940.

Mon avis, sera court, car ce livre aurait pu être superbe, si l’auteure avait pris la peine d’aller au fond des choses, elle commence une intrigue sur les loups, puis sur son père et encore sur un demi frère survenu comme un cheveu sur la soupe, dont on ne sait pas du tout au final pourquoi, il a pris tant d’années à se montrer, entre nous dévoile ses amours perdus, sa famille pesante qu’elle soupçonne d’un tas de choses pas très claires aussi …

Beaucoup de chemins qui ne mènent quasi nulle part voilà comment je résumerai ce livre, vraiment dommage car l’écriture est somptueuse, un cadre magnifique, une intrigue qui commence très bien mais qui retombe très vite !

le personnage principal est aussi très superficiel, dépouillé, même dans les dialogues, un peu étrange pour le coeur de l’histoire… Par contre j’ai adoré les  passages épistolaires du roman, qui nous apprend plus que le reste du roman… elle aurait pu suivre ce chemin…

Vous pouvez penser qu’on va découvrir tout un tas de choses sur les loups ; si peu encore hélas, oui du mystique, une pincée, une famille qui se tiraille, un passé qui ressurgit, des alliances avec des tendances pas très claires, une jeunette en mal d’évasion, des amours perdus, un journaliste passionné de loups, un pseudo voyou venu “nettoyer” ce domaine qui finit dans le lit de la fille,  des loup garous en filigrane … bref, je me suis perdue dans cette belle forêt d’Ardennes, comble pour une ardennaise, bien que l’histoire se situe de l’autre côté de la frontière.

je dis vraiment dommage, car il y avait matière à nous surprendre, par ce livre malgré tout très bien écrit, l’auteure s’est contentée de soulever les voiles de multiples possibles, mais nous a jamais révélé le paysage entièrement… Mieux vaut se contenter d’un unique décor et pouvoir le contempler de fond en comble… que de voir que des morceaux de ci et de ça et ne jamais pouvoir reconstituer le puzzle en entier… une impression d’une mosaïque inachevée…

une demi-déception car j’ai pris du plaisir à lire toutefois l’histoire par ce style si agréable et poétique, et les quelques éléments sur les loups m’ont quand même ravie.

mais je compte bien lire l’autre livre que je m’étais choisi “la source cachée” ayant croisé d’excellentes critiques…

Le point positif j’ai pu pousser ma lecture vers des recherches sur le loup Fenrir, voici un court métrage qui vous parlera un peu de la férocité de ce loup ouuuuuuuuuuuuuu

Extrait du livre : page 28 : Dans le vestibule de ma maison dans les Ardennes où tu n’es pas jamais venu, il  y a une immense toile d’un peintre allemand du XIX siècle, tombé dans l’oubli de nos jours, et avec raison, je pense. ….

Sur un ciel menaçant envahi de nuées sombres, un gigantesque loup noir, gueule ouverte et toutes griffes dehors, bondit sur le soleil couchant.

Parmi mes tout premiers souvenirs, il y a le moment où mon père me raconta l’histoire du loup Fenrir qui, année après année, tente de dévorer le soleil. L’astre s’affaiblit, s’éteint, devient une boule sanglante à la merci du monstre; La guerre et les catastrophes naturelles s’acharnent sur le monde, les enfants assassinent leurs parents, les frères s’entretuent, “l’homme est un loup pour l’homme”, les glaces recouvrent la terre et alors une nuit longue, très longue, commence.

Etrange vous ne trouvez pas ? on retrouve dans cette légende, un monde qui devient fou, qui s’épuise, et dont les catastrophes naturelles pleuvent comme en ce moment … ça fait peur et ce loup peut-être est-il   pas qu’une légende !!! ???

Le loup Fenrir

Fenrir, enfant de Angerboda et de Loki, était un loup monstrueux que les Ases élevèrent quand il était jeune après avoir écarté les deux autres enfants de Loki car une prophétie annonçait qu'il les anéantirait et ravagerait la Terre lors du Ragnarok.
Au fils des années, Fenrir devenait de plus en plus gros, et de plus en plus agressif envers les dieux. Seul Tyr osait encore l'approcher pour le nourrir.
Ils décidèrent alors de l'enchaîner mais comme le loup ne se laissait pas faire, ils lui proposèrent un jeu où il devait montrer sa puissance en essayant de casser la chaîne qui le retiendrait.
Les Ases prirent pour l'enchaîner un lien très solide qu'ils nommèrent Loeding, mais Fenrir le brisa sans aucune peine.
Ils firent alors un deuxième lien deux fois plus solide que le premier, qu'ils appelèrent Dromi qui ne résista pas mieux à la force incroyable de Fenrir.
Alors ils dépêchèrent Skirnir, le messager de Freyr, au pays des Elfes noirs, au Svartalaheim, pour leur demander de fabriquer une chaîne que personne ne pourrait briser. Elle était composée de six éléments presque introuvables comme le bruit des pas d'un chat, de la barbe de femme, des tendons d'ours, des racines de montagne, du souffle des poissons et de la salive des oiseaux. Le résultat fut assez étonnant car le lien ressemblait à un ruban de soie très fin et très souple qui fut nommé Gleipnir.
Les dieux proposèrent une nouvelle fois à Fenrir de jouer avec eux sur l'îlot de Lyngvi (où pousse la bruyère) au centre du lac Amsvartnir. Mais il se méfia en voyant une chaîne si fine et demanda en gage de sa délivrance qu'un des dieux place une main dans sa gueule pendant l'épreuve. Les dieux hésitèrent ; alors Tyr tendit son bras droit.
Ce dernier fut attaché et ne put pas rompre ses liens. Comme les dieux refusèrent de le délivrer, il trancha la main de Tyr.

Puis les dieux attachèrent le cordon nommé Gelgia qui sortait du lien, à une énorme rocher plat, le Gioll, qui fut recouvert d'un autre énorme rocher le Thviti. Comme Fenrir mordait tous ceux qui l'approchaient, ils lui plantèrent une épée dans la gueule. Depuis ce temps, le loup hurle et laisse couler de la bave qui a donné naissance au fleuve Van (espoir).
Les dieux ne tuèrent pas Fenrir car ils ne voulaient pas souiller l'Asgard de son sang. Fenrir restera attaché jusqu'au Ragnarok où il cassera ses chaînes. Puis ayant avalé le soleil, il livrera un dernier combat contre Odin qu'il tuera.
Vidar vengera le meurtre d'Odin en tuant Fenrir d'un coup de brodequin magique fabriqué dès la création du monde.