Présentation de l'éditeur

Son père est une ombre solitaire. sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit clans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain ? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil ? Elle aimerait poser des questions. ruais on est taiseux dans le Finistère. Livrée à ses doutes et à ses intuitions., elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance. mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité. D'une plume à la fois vibrante et pudique. Marie Le Gall décrypte l'échec d'une relation père-fille et touche au coeur.

Mon avis

Comme le titre, je peine à définir mon ressenti, je suis prise entre deux eaux, d’un côté j’ai apprécié le style et de l’autre j’ai réellement peiné durant la lecture.

Cette ambiance constante morbide, ce froid entre le père et la fille, cette vie silencieuse, cette douleur et déchirure, ce mot qui revient trop souvent “mort” m’a littéralement glacé les os.

J’avais abandonné le livre aux environs de la page 70 …pendant quelques jours.

Puis j’ai lu quelques avis de la blogosphère, et là je me suis dit : “quel enthousiasme !” aurais-je vraiment loupé une œuvre magistrale ? je lis : magistral, bouleversant, émouvant etc... alors je me pose autant plus la question ????? sceptique pourtant mais mon courage me permit de reprendre la lecture , je traîne sans réel plaisir, hormis mon amour pour la Bretagne, et le style qui est fort heureusement de grande qualité.

Doucement, j’ai commencé à accepter ce climat pesant, tendu, de cette famille, les non-dits qui flottent comme une douleur éternelle, la psychologie relationnelle –père-fille'- m’a intéressée mais sans plus.

Un roman qui s’étire en longueur pour au final peu de débats, il me restera quoi de ce livre : un souvenir de Bretagne, une relation difficile voire inexistante d’un père pour sa fille.

J’apprends que vers la fin, un soupçon de cause à effet !  Des disparus prématurément qui auraient instauré ce climat… ou je n’ai rien compris au roman, ou cela ne m’intéresse pas de lire un livre entier pour ne pas avoir la révélation et la cause réelle du problème. Je suis restée en interrogation en refermant le livre, tant de pages pour au final ne pas obtenir le cœur du sujet. On tourne, on s’approche, doucement vraiment doucement puis frustration on ne sait pas vraiment le pourquoi du comment.

Ou sans doute  la raison exposée ne me semble pas crédible , pourquoi cette petite fille n’a pas fait l’effort d’approcher son père ou ce père n’a pas su apprivoiser sa fille. A cette question je serai bien incapable de vous répondre réellement sans compromettre la vérité qui doit se trouver dans ce livre.   Sans doute aussi j’aurais dû me contenter de lire ce roman comme un témoignage, un récit autobiographique, je ne sais pas du tout encore là ce n’est pas net dans mon esprit, serais-je trop exigeante dans mes lectures.

Je reste sceptique ou bien je suis complètement hermétique à ce genre d’histoire, j’ai du louper le coche sur ce coup là. Toutefois, j’ai fini le livre, car l’écriture est belle et la Bretagne, que dire de plus la Bretagne m’enchante donc j’ai craqué pour elle.

Mon avis ne remet pas du tout en cause la qualité de ce roman, simplement c’est mon ressenti personnel, ne voyez aucunement un avis négatif, car j’aurais aimé comprendre plus clairement cette relation difficile, j’aurais souhaité que tout s’éclaire comme par enchantement, et si un lecteur veut bien m’offrir sa lanterne je l’accepte volontiers, car je me suis perdue en chemin, tout simplement, dans les ténèbres de ces pages pourtant fort bien écrites. L’alchimie : écriture + histoire n’ a pas opéré cette fois ci. J’en suis navrée. J’attendrais le prochain livre de cette auteure voilà tout pour me régaler pleinement de sa plume.

De très beaux passages mais trop peu à mon goût : Page 130 “Je reconnaissais ce silence qui m’avait construite, dans lequel je pouvais me perdre, mais aussi me retrouver comme à cet instant, le silence des grèves de midi, de la brûlure des graviers, celui des fins d’après-midi et de la lumière argentée sur la surface liquide qui reflétait le ciel. Je restais longtemps immobile, fixant les ricochets du soleil sur l’eau, un soleil qui inondait la nature et dont les rayons cuivraient les herbes sèches au bord des champs,tout près. La lumière rebondissait sur l’écorce des arbres puis glissait, moirée, liquide sur le bras de mer. Il faisait encore chaud, une chaleur douce et enveloppante qui arrêtait les gestes, suspendait tout mouvement et le temps lui-même, jusqu’à ce que quelque chose bascule. “

Ce passage me parle, comme une peinture, ce passage réchauffe et nous invite à l’évasion, ce passage est superbe mais isolé, solitaire, d’autres de cette trempe auraient réchauffé l’atmosphère trop austère et froide à l’image de ce père, de ce menuisier.

Je comprends que l’auteure a mis tout son cœur à nous livrer ce récit aussi fidèle que son propre vécu ou ressenti, nous peint parfaitement bien ce climat, mais alors si son enfance était aussi effacée et dépourvue de dialogue, de tendresse vraie, alors je ne dis mot, cette histoire lui appartient et je compatis à cette peine du menuisier.

Page 31 : “ Le silence entre nous, l’eau comme une source vive sur la lame, jamais de mots. Il faut croire qu’ils sont parfois inutiles ou ne peuvent être prononcés; Quand il avait fini, le malaise s’installait. On ne savait pas quoi se dire. “

Voilà à quoi ressemble en résumé ma lecture, ce silence trop pesant, ce malaise qui s’étire le long des pages, je me suis sentie oppressée par ce récit, et je ne sais pas quoi vous dire si ce n’est que cette plume est très jolie. Et malgré tout, cette histoire est touchante malgré ma lecture mitigée dûment certainement par cette frustration d’être restée en retrait.   

Biographie de l'auteur

Marie Le Gall est née en 1955 à Brest. Elle est professeur de lettres à Fontainebleau. La Peine du Menuisier est son premier roman.image_c1r que j’inscris au C1R