Présentation de l'éditeurphilosophie sentimentale

La philosophie vaut-elle une heure de peine ? Oui, mais pas pour les raisons qu'on invoque habituellement : elle ne nous rend pas meilleurs ni plus savants, mais plus lucides : elle sert à « démystifier des foutaises ronflantes, à mettre un nez rouge aux idoles ».
Ce décalogue contient les dix … citations (sur l'amour, la tristesse, le travail, l'ennui, la souffrance, la sagesse, la mort, la philosophie), soigneusement choisies et méditées, qui servent de carte d'identité philosophique à Frédéric Schiffter.
Un passage en revue de la philosophie inattendu et personnel où l'on retrouve Cioran, Nietzsche, Pessoa, Proust, Schopenhauer, Montaigne, Freud, Chamfort, Clément Rosset, L'Ecclésiaste et Malcom Lowry… qui répond au précepte de Schiffter : ne compter comme philosophie que ce qui relève de l'expérience personnelle desdits philosophes, ainsi destitués de leur piédestal conceptuel (ils ne sont pas de purs esprits).Ce livre, qui ressemble au petit carnet qui ne quitte pas les poches de nombreux écrivains, devrait ravir littéraires et philosophes – il rassemble les fruits d'une vie de lectures et de découvertes.

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Un petit essai qui se décline en 10 tableaux, 10 auteurs, 10 concepts philosophiques sentimentales si on peut parler de sentiment en philosophie, mais soyez curieux…

Moi-même,  je ne suis pas philosophe même si je l’apprécie, et pourtant j’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir, découvrant des personnages de façon différentes où l’auteur nous expose leur pensée, j’ai apprécié par exemple le chapitre “Montaigne” qui m’a donné l’envie de l’aborder. J’ai aussi souri au chapitre “Travail”, dont je rejoins l’auteur et Nietzche et je vous citerai uniquement cela sans vous dévoiler la profondeur de ce constat amer:  “Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave…” si vous réfléchissez bien, après avoir lu ce chapitre, “l’esclavage” est en chacun de nous. A ce chapitre, l’auteur invite Sartre en abordant le thème de servitude non volontaire mais essentiellement désirée, tellement vrai. 

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Beaucoup de réflexions qui nous laissent en interrogation, et dont vous ne sortirez pas indifférents.

Le passage que j’ai relevé et en rapport avec la lecture, et sa réflexion encore une fois reflète aussi ma conviction, dans le sens, que je préfère me plonger dans un bon bouquin que de devoir subir en société, une présence fade et dépourvue d’intérêt, d’écouter les âneries des uns et des autres, et pire devoir y répondre / Page 47 : Lors des interminables réunions entre professeurs qui me retiennent au lycée, je feins de m’absorber dans l’étude de tel ou tel document que l’on m’a distribué et dans lequel je cache mon bouquin. Serais-je moins bien élevé, je m’évaporerais pareillement quand je me barbe avec des proches. Même si je n’ouvre pas le livre que j’ai avec moi, sa présence me rassure. Je tiens là, à portée de main, un ami prêt à me faire franchir à tout moment la ligne de démarcation qui sépare la zone de la vie sans l’esprit, occupée par les forces de la bêtise, de la vulgarité ou de la platitude, de la zone libre où l’esprit circule de l’imaginaire à l’intelligence. Je ne cherche pas dans les livres un dépaysement. Si je pratique la lecture comme art de me transporter mentalement ailleurs, ce n’est pas dans le but de changer d’horizon, mais, au contraire, de retrouver mes pénates les plus intimes.

Un petit essai où la pensée de l’auteur se lie à ceux de ces 10 philosophes invités en ce lieu.

Malgré le côté pessimiste, j’ai apprécié cette lecture,  qui m’a incité à réfléchir sur bien des points fondamentaux.

Voici 10 petites phrases citées par ces 10 personnages

Nietzsche : «Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave »

Pessoa : « Vivre une vie cultivée et sans passion, suffisamment lente pour être toujours au bord de l'ennui, suffisamment méditée pour n'y tomber jamais »

Proust : « Les idées sont des succédanés des chagrins »

Schopenhauer : « L'histoire d'une vie est toujours l'histoire d'une souffrance »

l'Ecclésiaste : « Ne sois pas trop juste, ne pratique pas trop la sagesse : pourquoi te rendre ridicule ? »

Montaigne : « Le but de notre carrière c'est la mort »

Chamfort : « La meilleure philosophie, relativement au monde, est d'allier à son égard, le sarcasme de la gaieté avec l'indulgence du mépris »

Freud : « Homo homini lupus : qui aurait l'audace, devant les enseignements de la vie et de l'histoire, de s'inscrire en faux contre cet adage ? »

Rosset : « L'état « bordélique » est l'état fondamental de toute chose »

Ortega y Gasset : « L'amour est la tentative d'échanger deux solitudes »

Le livre s’achève donc sur une note plus gaie avec l’amour et j’ai aussi noté cette phrase que je trouve très belle : L’amour est la forme la plus exquise de l’inconfort de vivre..

Il faut avoir lu ce qui précède pour comprendre le réel sens de cette phrase et les autres, ne tentez donc pas de deviner ni même de supposer, lisez donc cet essai pour mieux appréhender toutes ces citations.

Vous y apprendrez également des petites choses décalées sur ces auteurs, pourquoi par exemple Platon n’était pas présent quand Socrate a bu la cigüe ? Je vous le demande en mille ! Nous vient même pas à l’idée tout simplement que Platon haïssait peut-être Socrate, allez savoir, après tant de siècles passés, l’histoire et les vérités se fondent souvent dans un puits d’imaginaire.

Si vous êtes curieux pousser la porte ici images[1]

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