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Photo : Bruno Monginoux / Photo-Paysage.com (cc-by-nc-nd)

Le vent soufflait parfois de la mer, et on entendait le grondement des vagues qui déferlaient sur la côte. Le vent poussait les dunes. Dans la nuit elles luisaient faiblement, pareilles à des voiles de bateau.  Le vent soufflait, il soulevait des nuages de sable qui brûlaient la peau du visage et des mains.

Il n’y avait personne, et pourtant l’on sentait partout la présence de la vie, des regards. C’était comme d’être la nuit dans un grande ville endormie, et de marcher devant toutes ces fenêtres qui cachent les gens.

Les bruits résonnaient ensemble. Dans la nuit ils étaient plus forts, plus précis. Le froid rendait la terre vibrante, sonore, grandes étendues de sable chantonnantes, grandes dalles de pierre qui parlaient. Les insectes crissaient, et aussi les scorpions, les mille-pattes, les serpents du désert. De temps en temps on entendait la mer, le grondement sourd des vagues de l’océan qui venaient s’effondrer sur le sable de la plage. Le vent apportait la voix de la mer, jusqu’ici, par bouffées, avec un peu d’embruns.

 

Extrait : Les bergers (Mondo et autres histoires) Le Clézio

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