À la mort de son père, Clarissa, une jeune Américaine, découvre que ce dernier n’est pas son géniteur biologique. Quatorze ans plus tôt, sa mère, Olivia, a disparu sans laisser de traces. Déboussolée, elle décide de retrouver son vrai père, lequel s’avère être un pasteur finlandais vivant en… Laponie !

Clarissa se met en route. Direction : le cercle polaire. De rencontres en révélations sur le mystère de sa naissance, elle rassemble les morceaux du passé de sa mère et du sien. Dans ce pays où le soleil ne se lève jamais, Clarissa va redonner un sens à son destin.

 


 

Clarissa, en perdant son père, découvre dans les tiroirs qu’il n’était pas réellement son père au sens « génétique », mais elle découvre encore avec plus de déception que son fiancé Pankaj le savait tout comme la mère de ce dernier. Se sentant trahie doublement, elle décide de tout quitter pour retrouver son père génétique en Laponie. Sur les traces du passé, elle ira finalement à la recherche de sa propre identité, passant des stades plus ou moins frustrants et douloureux, mais n’est-ce pas le lot d’une métamorphose. Tout comme pour devenir papillon volant dans la légèreté du vent et avec la grâce de l’insouciante liberté. Clarissa devra donc souffrir avant de s’accomplir. Elle découvre, un pays, un peuple et des traditions, son père qui n’est pas encore le géniteur. Tout est à refaire.  Elle finira sans le savoir par être hébergée au cœur du drame qui s’est déroulé voilà quelques années auparavant, ici même où elle a été conçue dans la violence et la démence de ce géniteur. Sur ce parcours, le hasard lui offrira une rencontre inattendue “sa mère” qui avait disparu sans donner de nouvelles. Un passage assez difficile, sensible mais quelque part tellement vrai.

page 233 : Je me suis surprise, sur le moment, à ressentir de la sympathie pour ma mère. Je ne lui pardonnais pas, mais je comprenais ce qui l’avait poussée à agir comme elle l’avait fait. J’étais un rappel de son passé.

Finalement, cette retrouvaille avec sa mère lui sera bénéfique même si la déception fut au comble, elle comprendra par l’histoire de sa mère sa propre histoire et l’erreur à ne pas commettre. Partir loin pour ne plus être ce que l’on a pas choisi, partir pour renaître soi-même.

Un roman qui se construit tel un igloo, un large cercle pour finir au sommet, l’arrondi de cette voûte pour mieux faire circuler la réflexion sur l’origine de notre naissance. Vouloir savoir est-ce la meilleure des choses, ou faut-il vraiment savoir pour s’accepter et s’accomplir ensuite ?

Un très beau récit qui plus est, nous fait découvrir ce pays de glace où le soleil parfois ne se lève pas ou à peine. Comme l’image de cette histoire, tant que la lumière ne sera pas faite sur ce mystère, le jour nouveau ne pourra jamais se lever.

Page 127 : Au loin, un rond blanc flottait dans le ciel, une espère de halo. Le soleil ? Il était si bas à l’horizon que c’était dur à dire. Il aurait aussi bien pu s’agir d’un lampadaire.

On apprécie également la découverte d’un peuple et  ses traditions, en l’occurrence nous partons ici « Sami » (cliquez pour en savoir plus) nommé plus communément “lapon” … on apprendra ce que c’est un Lavu:

Page 109: Le Lavu est l’équivalent du tipi amérindien. Une famille entière dormait dans le même lavu pendant la saison de pâture des rennes. Une illustration montrait qui dormait où dans le lavu. Les parents couchaient d’un côté de la tente, non loin de la partie cuisine, et près d’eux, les très jeunes enfants. Le foyer était au centre. Les aînés couchaient après le foyer et, plus loin encore, les domestiques près de la porte.

 

 

 

J’ai aimé la fin comme une délivrance pour cette jeune fille, elle est devenue ce qu’elle a estimé le mieux pour elle, en acceptant son passé pour mieux vivre son présent.

Page 234 : J’ai décidé aujourd’hui de prendre le large un moment. En écrivant cette lettre, je ne sais même pas si je ne vais pas la déchirer. Je lui ai raconté Eero, ma grand-mère, ma mère et l’homme qui l’avait prise sur la rivière. Je lui ai raconté Henrik et Kari. J’ai donné plus de détails que nécessaire ; je voulais qu’il me soit impossible de retourner vers lui. Je voulais qu’il lui soit impossible de me reprendre.

 

Je ne peux malheureusement pas vous révéler la fin sinon le charme serait rompu.

 

J’ai beaucoup aimé ce livre au ton glacial, mais pourtant on ressent une vive chaleur en admirant la métamorphose de Clarissa malgré la douleur qu’elle doit subir. C’est un mal pour un bien.

 

 

A la page remerciements, l’auteure nomme une poétesse sami Marry Ailoniedia Somby et son poème “Let the Northern Ligts Erase Your Name”  qui est le titre du livre en version originale, ce poème est la source de ce roman.

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Une auteure qui a su me séduire, et dont je poursuivrai sa connaissance. Avec :   se souvenir des jours heureux et sans gravité

 

Se souvenir des jours heureux Sans gravité


 

C’était une lecture dans le cadre du challenge “un mot des titres”

 

 

 

pour cette deuxième session le mot tiré au sort était “SOLEIL” comme quoi tous les soleils ne sont pas rayonnants et chauds, il y a des soleils noirs et froids… un seul soleil dans l’atmosphère mais différent selon notre position sur cette planète.

Et si je devais choisir une citation avec le mot Soleil à l’image de ce livre elle serait celle-ci : Le soleil extérieur a soif du soleil intérieur de  Jakob Böhme .