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26 avril 2011

La voix des êtres aimés d’Isabelle Jarry

La voix des êtres aimés d'Isabelle Jarry

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au début de l’été, Céleste retrouve Paul qu’elle n’a pas vu depuis quinze ans. 
Il était son professeur de philosophie, elle a été sa jeune maîtresse pendant trois ans. 
Paul est très malade. Se sachant condamné, il demande à Céleste de venir passer quelques jours avec lui à la campagne. Il lui demande aussi de lui raconter une histoire d’amour. Céleste lui fait le récit d’une aventure qu’elle a eue au Vietnam, des années auparavant, avec un pêcheur du nom de Hoàng. À travers cette romance que Céleste dévoile lentement, c’est leur histoire d’amour passionnée que Paul revit. 
Dans la vacance et le silence des jours d’été, les deux personnages partagent un huis clos rempli des fantômes de leur amour passé. L’histoire de Céleste et Hoàng croise celle de Paul et Céleste, elle s’y compare et s’y mélange dans un jeu de miroirs où chacun cherche son lien perdu. 
Dans une tension entretenue par la pression qu’exerce la maladie, la conscience du temps très court qui leur est accordé et l’intimité de plus en plus grande qui s’installe entre eux, les deux personnages sont rattrapés par l’intensité du sentiment qui les a unis. Séduction, langage de l’amour, dépendance, ruptures, passion physique, danger et excès, différence d’âge, fossé culturel, c’est autour de ces thèmes que tournent Céleste et Paul, lui en philosophe spinoziste, elle en amoureuse exaltée. (Source Stock)

***

Ce livre m’a d’emblée portée vers celui de Laurence Tardieu : Puisque rien ne dure; par son sujet et cette même prière à l’amante de concéder à une dernière volonté. J’ai beaucoup aimé le tissage des deux histoires celle de leurs amours et celle que Céleste conte à Paul. Tout se mire dans les sentiments des uns et des autres, les blessures refont surface, l’amertume mais aussi ces grands moments de bonheur partagés.

La plume est douce, mais manque cette poésie à laquelle je m’attendais avec cette auteure, une petite déception sur ce point.

J’ai beaucoup aimé l’histoire de Hoàng et de Céleste, cet amour puissant qui se passe de paroles, et comment Paul superpose cette passion à celle qu’il a perdue quand Céleste a décidé de le quitter. C’est un jeu de miroir, où parfois les images et les souvenirs se mêlent bizarrement aux désirs inassouvis, aux regrets d’un acte manqué, d’un choix irrévocable… cette impuissance à retenir le cours de la vie, et à la fois ce besoin cruel de lui échapper…

La partie “maladie” et ce chemin de vie qui s’achève, sont emplis de réflexions intéressantes par le biais des confidences que Paul livre à son kiné : la peur de mourir par exemple, la souffrance au quotidien, cette fragilité du corps alors que l’esprit reste sain, devenir un être à la merci de cette maladie et devoir accepter cette forme d’humiliation…Savoir combattre la maladie, et  l’accepter avec philosophie.   Beaucoup de sujets abordés mine de rien, avec délicatesse ou en murmure.

Un beau roman qui nous laisse dans une certaine interrogation sur la vie elle-même, nos choix d’un jour sont-ils à regretter, ou doit-on laisser le destin faire son œuvre sans jamais regretter quoi que ce soit ? Finesse et délicatesse pour cette romance d’Isabelle Jarry que j’ai appréciée pour sa douceur et les sujets traités chargés d’émotion.

 

***

Page 73 : il n’avait plus besoin de se ménager, il n’était plus dans ce temps où l’on peut préférer le non ou oui, le rien à quelque chose. Il voulait entendre ce récit, quelle que fût la morsure qu’il pourrait lui infliger. D’ailleurs qu’avait-il à craindre ? Céleste lui parlerait d’elle et donc de lui, par ricochet.

 

Dernière page : mais Paul traînait son corps vers le bord de l’étang, il n’écoutait pas ce qui le martyrisait , il ne ressentait plus avec ses sens, il n’était plus qu’une ligne tendue vers la berge, un fil d’araignée, le plus solide qui soit, un trait tiré entre sa mort et la vie qui l’attendait, courte sans doute, douloureuse et décourageante, mais aussi intense que le regard de Céleste posé sur lui, aussi douce que sa peau, aussi enivrante que son sourire d’amoureuse.

Je remercie la librairie Dialogues 54768788 pour cet envoi, dans le cadre du club

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Commentaires
P
je crois que ce livre te touchera, un sujet sensible, deux personnages attachants... il manque un peu de poésie à sa plume, c'est vrai que je l'ai lu juste après y.Simon, du coup, celui d'Isabelle m'a semblé un peu moins poétique. "J'ai nom sans bruit" il est en poche, je l'ai repéré sur le net c'est noté. <br /> J'ai connu cette auteure avec Monod, j'avais adoré son style et l'histoire de Monod qu'elle nous a offert, par le biais d'entretiens.
L
Non, pour celui ci je ne lis pas ton billet (je le lirais quand j'aurais lu le livre) il est sur ma LAL et j'ai vraiment envie d'entrer dans ce livre en en sachant le moins possible... C'est une auteure que je suis très attentivement. Maintenant il ne te reste plus qu'à lire "J'ai nom sans bruit" qui, j'en suis sûre, te plaira énormément !!! (surtout pour une amatrice de poésie comme toi !) Il me semble qu'il existe en poche (enfin, je crois)<br /> Bisous
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