07 novembre 2009
une fois deux d' Iris HANIKA
Je remercie Babelio pour cet envoi ainsi que les éditions "Les Allusifs"
J'intègre ce livre dans mon challenge abc 2009
Quatrième de couverture :
Senta et Thomas, deux personnes que tout oppose, tombent l'un sur l'autre dans un café du quartier de Kreuzberg à Berlin.
Coup de foudre, coup de fil et tremblement du temps, la rencontre est scellée en 127 secondes. Très vite le doute s'installe, la pièce sur la félicité amoureuse exige des répétitions, le théâtre flambe et les monologues intérieurs des protagonistes mettent en scène leur résistance émue, surprise et effrayée face à la confrontation respective à The man 1 love et à la femme idéale. De l'analyse scientifique du sanglot au fragment du discours informatique amoureux, un véritable arsenal stylistique est convoqué pour dynamiter leur relation découpée au scalpel avec un humour désopilant, le tout sous le ciel caniculaire de la ville de Berlin en été, croquée avec la finesse précise d'une Berlinoise d'adoption.
Mon avis : dans l'ensemble je ressens un double sentiment quant à la lecture de ce livre :
- d'une part je m'attendais à une lecture plus intense, haut en émotion, en plaisir en surprise, vu le succès que ce roman a remporté dans son pays d'origine mais rien de cela, de la surprise soit, des sourires aussi, mais aussi des passages complètement "out", sans intérêt pour ma part tout est relatif certes... donc une pointe de déception car la qualité d'écriture est bien appréciable mais on ressent trop de détachement j'ai du mal à retranscrire cet étrange sentiment que j'ai pu avoir peut être sans doute voulu justement par le fait que ce couple d'un moment se pose cette éternelle question : 'est-ce bien là la personne de ma vie" avec ce besoin de s'éloigner pour mieux réfléchir, faire le point... je ne sais pas mais un doute flotte dans mon appréciation...
- et par ailleurs, j'ai toutefois aimé ce jeu entre les deux personnages, les différents styles qui déstructurent le roman traditionnel, c'est un point positif et intéressant qu'on ne croise que peu souvent...les personnages sont attachants, l'intérêt réside également sur ce tableau que l'auteur nous offre sur les relations subites et inattendues entre deux êtres dont rien n'aurait pu supposer une telle attirance... comme un pas de danse, où entre deux éloignements les protagonistes peuvent se jauger en silence pour mieux s'attirer à nouveau...
En résumé : je m'attendais un livre époustoufflant mais je suis restée sur ma faim... je l'ai lu pourtant avec plaisir mais il ne restera pas dans mes favoris ni coup de coeur... je le recommanderai pour son originalité stylistique et cette expérience des coups de foudre...
05 novembre 2009
le projet est concrétisé
Journal de mes premières plumes
A la source,
Un beau jour pas comme un autre, mon envie me poussa à rassembler tous mes textes écrits qui se baladaient ici et là, éparpillés un peu partout, il était grand temps de mettre un peu d’ordre dans tout ce bazar.
Je commençais donc à faire des « copie- coller » un peu au hasard de mes pioches, sans rien méditer le seul but étant de regrouper la plus grande partie de mes textes présentés en concours dont quelques uns ont été édités en anthologie par le biais de ces dits concours et de mes premiers pas en poésie. Evidemment, je n’ai pas pu tout retrouver, beaucoup de textes sont perdus sur des disques durs, disquettes, et papiers envolés… qu’importe je ne cherche pas dans le passé et laisse place au présent.
Cela me prit une petite semaine : pour mettre en forme plus ou moins correcte, faire une « préface » et un « épilogue ». Relecture, correction, mise en page etc… tout ça finit, je navigue sur le net pour lire les expériences des uns et des autres sur l’autoédition.
Avant de me lancer dans l’édition purement et simplement, je dépose mon recueil pour obtenir un copyright afin de protéger mes textes bien qu’il n’y ait point de danger de plagiat mais quand même autant faire les choses dans les règles de l’art ou presque. Obtenu le 7 octobre 2009. Dans la foulée je tente un premier essai de livre en ligne. Hourra ! C’est simple comme bonjour, hélas je ne pensais pas aller si vite, après relecture du fichier pdf je croise encore des coquilles ! pfff j’attends donc la validation avant de pouvoir modifier ces boulettes. Que voulez-vous personne n’est parfait.
Je ne demande pas de ISBN car je ne pense pas vendre ce recueil par les filières commerciales, ce recueil restera un livre diffusé pour ma famille, amis, et cercle restreint d’amateur de poésie ou de curiosité mais saine faut-il le préciser et le hasard fera le reste. L’isbn n’est pas délivré pour une édition inférieure à 100 exemplaires ni pour des éditions à la demande… alors que toute œuvre doit être déclarée mais pour cela il faut un ISBN … c’est la France, on tourne en rond les lois qui se contredisent, se bouffent entre elles, résultat des courses rien de clair dans tout ça ni de juste de surcroît…. Moralité : Faisons simple pour un simple recueil…
En conséquence, ce livre sera tiré à exemplaire restreint et diffusé par mes soins pour les proches et tous ceux qui souhaiterez une dédicace. Seul le site se chargera d’imprimer mon livre et pourra le vendre et le distribuer…
¯
J’ai choisi l’autoédition car je n’ai aucune volonté de me battre contre des moulins à vent et l’objectif de ce recueil n’étant pas tant commercial mais plutôt un moyen de me faire lire car mon entourage déplore toujours mon manque d’enthousiasme à partager mes textes. Voilà un bon moyen de corriger ce manque incontestable. Et peut-être laisser une trace de tous ces mots.
Répondre à la demande de certaines personnes qui souhaitaient me lire et d’autres d’assouvir leur curiosité …. Quels mot se cachent derrière moi… attention je ne pense pas que les mots soient parfaitement le miroir de notre âme quand la fabulation s’emmêle ça peut donner un résultat tout autre et surprenant… j’ai toujours ressenti être « autre » quand j’écris… c’est grave Docteur ? Je n’en sais rien mais je vis avec …
L’autoédition a des inconvénients et un sacré avantage surtout à cette échelle, celui d’une totale liberté qui mérite bien un peu de sueur. Ce qui m’a donné l’idée d’intitulé cette édition et les futures « collection plume en toute liberté » ce recueil est donc le premier d’une suite à venir.
Le 8 octobre 2009,
Je suis fébrile, j’attends la validation de la première version de mon livre, ce matin ça commençait mal mon identifiant du compte auteur ne fonctionnait plus !
Je réalise que vu la simplicité de confection d’un livre en ligne, je peux m’atteler à préparer le n°2 sans plus tarder pour combler cette attente du n°1. J’hésite encore dois-je rassembler cette fois ci, mes textes en prose ou mes minis recueils, ou alors aller au bout de mon projet de vous présenter un recueil déjà prêt mais dont je souhaite garnir un peu plus.
Je vais déjà attendre ce premier livre le commander en un exemplaire, et procéder à une lecture minutieuse, puis corriger et valider définitivement. Le plus difficile, c’est de garder toute cette jubilation pour soi, souhaitant faire une surprise à mon entourage et amis, personne à qui confier tout ce charivari qui bouillonne en moi. Personne pour me conseiller, seule totalement seule dans ce projet alors forcément il ne sera pas parfait mais au moins il sera le reflet de mon travail, de mes convictions et de ma passion mais aussi celui de mon impatience à partager mes mots.
Le 9 octobre 2009,
Après validation du deuxième envoi, je commande mon premier livre, youpi ! Patienter une petite semaine entre le temps de fabrication et d’expédition. Attendre vilain verbe ! Entre temps, un auteur du même site me confirme que la qualité du site est bonne et fiable, l’attente sera déjà moins angoissante.
Le 14 octobre 2009
Reçu la confirmation de la fabrication du livre et expédition ce jour, sachant déjà qu’il sera qu’une épreuve, vu qu’il reste encore des corrections à mettre à jour. Dès réception, je devrai faire une lecture minutieuse, voir la mise en forme et tout recommencer pour lancer la version finale du livre.
Le 15 octobre 2009
Je rentre du boulot vite vite vite la clé de la boîte aux lettres, que vois-je sous les publicités une enveloppe qui me semble bien avoir le format adéquat à la contenance d’un livre… chouette chouette … enfin je peux ouvrir et déguster le résultat de mon labeur… première réflexion : il me plait… simple, d’un format original, couverture douce ainsi que les pages… c’est parfait visuellement et correspond tout à fait à ce que j’attendais…
Je sais déjà qu’il restera le livre « épreuve 1 » je dois le refaire, j’ai croisé encore et encore des petites choses à corriger, textes à intervertir et ajouter la table des matières question pratique…. Pas grave, le temps n’a plus d’importance dans ce plaisir de parfaire…
Le soir tard, je planche sur toutes ces corrections, et je laisse la nuit reposer le tout…
Le 16 octobre 2009
Je relis une dernière fois le tout, et je lance la création de la nouvelle version corrigée…
J’attends la validation du site, et le midi je commande un exemplaire, reste plus qu’à attendre « l’épreuve n°2 »… en espérant qu’elle sera la bonne… bien qu’il y aura inévitablement des boulettes ici et là mais tant pis… j’ai voulu faire ce n°1 seule sans aucune aide de mon entourage puisque ça sera une surprise totale pour eux… donc pardonnez moi si je ne suis pas parfaite c’est le revers de la médaille de l’autoédition seule complètement seule personne derrière pour faire le sale boulot : corriger les fautes, la ponctuation et mettre en forme, remodeler le tout pour fournir un livre qui colle au besoin du lecteur pour ne pas dire consommateur… et comme je déplore ce mot consommation au niveau du livre… que ceux qui aiment comme moi, les erreurs humaines somme toute naturelles, cela ne vous reboutera point… de croiser sur votre chemin quelques coquilles … je vous laisse seul juge…
A ce jour, je prévois de faire imprimer 50 exemplaires dont les 20 premiers sont réservés à mon usage personnel, les 30 autres seront accessibles.
Si vous êtes intéressés, ne pas hésiter trop longtemps…
En résumé, si ça vous tente .......pour vous procurer ce recueil :
Œ le plus simple sur le site au prix de 10 € + frais de port format livre c’est ici :
le plus proche de vous à moi, au prix de 10 € + 3 € de frais de port et emballage pour tout envoi en France, avec dédicace au besoin, contactez moi rapidement pour réserver votre exemplaire, les premiers réservés les premiers servis, avant la fin de ce mois de Novembre.
Le 23 octobre 2009
Je reçois enfin le livre corrigé, je pense voir encore des maladresses, peu importe, j’ai hâte de l’envoyer à mon amie Aline loin de chez moi de l’autre côté de l’océan, le temps mettra encore une fois de plus mon impatience à rude épreuve. Elle ne sait rien et c’est une totale surprise pour elle. Croyez bien que taire un tel secret à son amie c’est difficile.
Le 30 octobre 2009
Ouf, il est arrivé à bon port à Québec, Aline jubile, je suis heureuse, simplement et sincèrement satisfaite de ce présent que je lui fais puisque ce recueil lui est dédié en miroir de son amitié. Reste plus à attendre son verdict après lecture bien qu’elle en connaisse la plus grande partie du contenu mais la différence est je pense appréciable, lire un texte sur un mail et lire un ensemble de textes rassembler dans un livre je crois qu’il y a une autre dimension surtout pour les amoureux des livres. Un livre Pdf n’est pas pour moi un livre mais simplement un fichier informatique, c’est pourquoi dans un premier temps je n’opte pas pour ce format bien qu’il y ait des avantages je dirai non négligeable le premier étant à mon avis écologique pas de papier ni d’encre, le deuxième économique car moins cher et le troisième le plus rapide… j’ai bien conscience d’une perte réelle, qu’importe ce recueil est un recueil avec tout ce qui l’entoure, le bruit des pages qui tournent, la douceur de sa couverture, le visuel, le toucher, l’odeur, un petit rien qu’on balade ici et là, qu’on pose, prête, ou perd, qu’on range, ou oblige, et puis voilà la vie d’un livre tel qu’elle doit être en somme…
Le 4 Novembre 2009
Ma première lectrice est ravie de ce recueil et je peux à présent le lancer sur la toile …
Le 5 novembre 2009
C’est parti j’ai mis en ligne mon premier recueil c’est ici 
Mon premier recueil de poésie
04 novembre 2009
Rainer Maria Rilke - Lou

Photo personnelle, rose de mon jardin
Dis-moi, rose, d'où vient
Dis-moi, rose, d'où vient
qu'en toi-même enclose,
ta lente essence impose
à cet espace en prose
tous ces transports aériens ?
Combien de fois cet air
prétend que les choses le trouent,
ou, avec une moue,
il se montre amer.
Tandis qu'autour de ta chair,
rose, il fait la roue
Rainer Maria Rilke connaissez-vous ? Lou andréas connaissez-vous ?? deux êtres de passion et passionnant à découvrir si l’envie vous dit; ce poète qui écrivit sans retenue à cette femme Lou (joli prénom en passant) qui est une femme aussi passionnante que insaisissable…. Je lis et découvre cette passion des mots, cette vie de ce poète allemand, ce personnage sans doute à aimer à en mourir pour cette Lou sublime, alors que sa mort fut provoquée par une mauvaise piqûre de rose qui dégénéra en leucémie, comble de la chose lui qui écrivit en français un recueil sur les jardins. Belle découverte pour ma part, la passion fait partie de mon monde quelle qu’en soit la forme, le contenu et les acteurs, en résumé, la passion me passionne. Il était aussi le secrétaire de Rodin...j'ai aimé en autre le livre épistolaire "lettres à Lou Andréas - Salomé..." Cette Lou qui fut aimée par Nietzsche se forma auprès de Freud et deviendra une interlocutrice privilégiée.
Quelques belles citations de cet auteur ici
voici des textes de Rainer ci-après et plus par là
Huitième Élégie de Duino
De tous ses yeux la créature
voit l'Ouvert. Seuls nos yeux
sont comme retournés et posés autour d'elle
tels des pièges pour encercler sa libre issue.
Ce qui est au-dehors nous ne le connaissons
que par les yeux de l'animal. Car dès l'enfance
on nous retourne et nous contraint à voir l'envers,
les apparences, non l'ouvert, qui dans la vue
de l'animal est si profond. Libre de mort.
Nous qui ne voyons qu'elle, alors que l'animal
libre est toujours au-delà de sa fin:
il va vers Dieu; et quand il marche,
c'est dans l'éternité, comme coule une source.
Mais nous autres, jamais nous n'avons un seul jour
le pur espace devant nous, où les fleurs s'ouvrent
à l'infini. Toujours le monde, jamais le
Nulle part sans le Non, la pureté
insurveillée que l'on respire,
que l'on sait infinie et jamais ne désire.
Il arrive qu'enfant l'on s'y perde en silence,
on vous secoue. Ou tel mourant devient cela.
Car tout près de la mort on ne voit plus la mort
mais au-delà, avec le grand regard de l'animal,
peut-être. Les amants, n'était l'autre qui masque
la vue, en sont tout proches et s'étonnent...
Il se fait comme par mégarde, pour chacun,
une ouverture derrière l'autre... Mais l'autre,
on ne peut le franchir, et il redevient monde.
Toujours tournés vers le créé nous ne voyons
en lui que le reflet de cette liberté
par nous-même assombri. A moins qu'un animal,
muet, levant les yeux, calmement nous transperce.
Ce qu'on nomme destin, c'est cela: être en face,
rien d'autre que cela, et à jamais en face.
S'il y avait chez l'animal plein d'assurance
qui vient à nous dans l'autre sens une conscience
analogue à la nôtre — , il nous ferait alors
rebrousser chemin et le suivre. Mais son être
est pour lui infini, sans frein, sans un regard
sur son état, pur, aussi pur que sa vision.
Car là où nous voyons l'avenir, il voit tout
et se voit dans le Tout, et guéri pour toujours.
Et pourtant dans l'animal chaud et vigilant
sont le poids, le souci d'une immense tristesse.
Car en lui comme en nous reste gravé sans cesse
ce qui souvent nous écrase, — le souvenir,
comme si une fois déjà ce vers quoi nous tendons
avait été plus proche, plus fidèle et son abord
d'une infinie douceur. Ici tout est distance,
qui là-bas était souffle. Après cette première
patrie, l'autre lui semble équivoque et venteuse.
Oh! bienheureuse la petite créature
qui toujours reste dans le sein dont elle est née;
bonheur du moucheron qui au-dedans de lui,
même à ses noces, saute encore: car le sein
est tout. Et vois l'oiseau, dans sa demi-sécurité:
d'origine il sait presque l'une et l'autre chose,
comme s'il était l'âme d'un Etrusque
issue d'un mort qui fut reçu dans un espace,
mais avec le gisant en guise de couvercle.
Et comme il est troublé, celui qui, né d'un sein,
doit se mettre à voler!. Comme effrayé de soi,
il sillonne le ciel ainsi que la fêlure
à travers une tasse, ou la chauve-souris
qui de sa trace raie le soir en porcelaine.
Et nous: spectateurs, en tous temps, en tous lieux,
tournés vers tout cela, jamais vers le large!
Débordés. Nous mettons de l'ordre. Tout s'écroule.
Nous remettons de l'ordre et nous-mêmes croulons.
Qui nous a si bien retournés que de la sorte
nous soyons, quoi que nous fassions, dans l'attitude
du départ? Tel celui qui, s'en allant, fait halte
sur le dernier coteau d'où sa vallée entière
s'offre une fois encor, se retourne et s'attarde,
tels nous vivons en prenant congé sans cesse.
Traduction de François-RenéFrançois-René Daillie
Cette lumière peut-elle
Cette lumière peut-elle
tout un monde nous rendre ?
Est-ce plutôt la nouvelle
ombre, tremblante et tendre,
qui nous rattache à lui ?
Elle qui tant nous ressemble
et qui tourne et tremble
autour d'un étrange appui.
Ombres des feuilles frêles,
sur le chemin et le pré,
geste soudain familier
qui nous adopte et nous mêle
à la trop neuve clarté.
Le Chat noir

Photo perso
Un fantôme est encor comme un lieu
où ton regard se heurte contre un son;
mais contre ce pelage noir
ton regard le plus fort est dissout:
ainsi un fou furieux, au paroxysme
de sa rage, trépigne dans le noir
et soudain dans le capitonnage sourd
de sa cellule, cesse et s'apaise.
Tous les regards qui jamais l'atteignirent,
il semble en lui les recéler
pour en frémir, menaçant, mortifié,
et avec eux dormir.
Mais soudain, dressé vif, éveillé,
il tourne son visage — dans le tien:
et tu retrouves à l'improviste
ton regard dans les boules d'ambre
de ses yeux: enclos
comme insecte fossilisé.
Sur le soupir de l'amie
Sur le soupir de l'amie
toute la nuit se soulève,
une caresse brève
parcourt le ciel ébloui.
C'est comme si dans l'univers
une force élémentaire
redevenait la mère
de tout amour qui se perd.
Le livre de la pauvreté et de la mort
Je suis peut-être enfoui au sein des montagnes
solitaire comme une veine de métal pur;
je suis perdu dans un abîme illimité,
dans une nuit profonde et sans horizon.
Tout vient à moi, m'enserre et se fait pierre.
Je ne sais pas encore souffrir comme il faudrait,
et cette grande nuit me fait peur;
mais si c'est là ta nuit, qu'elle me soit pesante,
qu'elle m'écrase,
que toute ta main soit sur moi,
et que je me perde en toi dans un cri.
Toi, mont, seul immuable dans le chaos des montagnes,
pente sans refuge, sommet sans nom,
neige éternelle qui fait pâlir les étoiles,
toi qui portes à tes flancs de grandes vallées
où l'âme de la terre s'exhale en odeurs de fleurs.
Me suis-je enfin perdu en toi,
uni au basalte comme un métal inconnu?
Plein de vénération, je me confonds à ta roche,
et partout je me heurte à ta dureté.
Ou bien est-ce l'angoisse qui m'étreint,
l'angoisse profonde des trop grandes villes,
où tu m'as enfoncé jusqu'au cou?
Ah, si seulement un homme pouvait dire
toute leur insanité et toute leur horreur,
aussitôt tu te lèverais, première tempête de monde,
et les chasserais devant toi comme de la poussière_
Mais si tu veux que ce soit moi qui parle,
je ne le pourrai pas, car je ne comprends rien;
et ma bouche, comme une blessure,
ne demande qu'à se fermer,
et mes mains sont collées à mes côtés comme des chiens
qui restent sourds à tout appel.
Et pourtant, une fois, tu me feras parler.
Que je sois le veilleur de tous tes horizons
Permets à mon regard plus hardi et plus vaste
d'embrasser soudain l'étendue des mers.
Fais que je suive la marche des fleuves
afin qu'au delà des rumeurs de leurs rives
j'entends monter la voix silencieuse de la nuit.
Conduis-moi dans tes plaines battues de tous les vents
où d'âpres monastères ensevelissent entre leurs murs,
comme dans un linceul, des vies qui n'ont pas vécu
Car les grandes villes, Seigneur, sont maudites;
la panique des incendies couve dans leur sein
et elles n'ont pas de pardon à attendre
et leur temps leur est compté.
Là, des hommes insatisfaits peinent à vivre
et meurent sans savoir pourquoi ils ont souffert;
et aucun d'eux n'a vu la pauvre grimace
qui s'est substituée au fond des nuits sans nom
au sourire heureux d'un peuple plein de foi.
Ils vont au hasard, avilis par l'effort
de servir sans ardeur des choses dénuées de sens,
et leurs vêtements s'usent peu à peu,
et leurs belles mains vieillissent trop tôt.
La foule les bouscule et passe indifférente,
bien qu'ils soient hésitants et faibles,
seuls les chiens craintifs qui n'ont pas de gîte
les suivent un moment en silence.
Ils sont livrés à une multitude de bourreaux
et le coup de chaque heure leur fait mal;
ils rôdent, solitaires, autour des hôpitaux
en attendant leur admission avec angoisse.
La mort est là. Non celle dont la voix
les a miraculeusement touchés dans leurs enfances,
mais la petite mort comme on la comprend là;
tandis que leur propre fin pend en eux comme un fruit
aigre, vert, et qui ne mûrit pas.
O mon Dieu, donne à chacun sa propre mort,
donne à chacun la mort née de sa propre vie
où il connut l'amour et la misère.
Car nous ne sommes que l'écorce, que la feuille,
mais le fruit qui est au centre de tout
c'est la grande mort que chacun porte en soi.
C'est pour elle que les jeunes filles s'épanouissent,
et que les enfants rêvent d'être des hommes
et que les adolescents font des femmes leurs confidentes
d'une angoisse que personne d'autres n'accueille.
C'est pour elle que toutes les choses subsistent éternellement
même si le temps a effacé le souvenir,
et quiconque dans sa vie s'efforce de créer,
enclôt ce fruit d'un univers
qui tour à tour le gèle et le réchauffe.
Dans ce fruit peut entrer toute la chaleur
des coeurs et l'éclat blanc des pensées;
mais des anges sont venus comme une nuée d'oiseaux
et tous les fruits étaient encore verts.
Seigneur, nous sommes plus pauvres que les pauvres bêtes
qui, même aveugles, achèvent leur propre mort.
Oh, donne nous la force et la science
de lier notre vie en espalier
et le printemps autour d'elle commencera de bonne heure.
***
je ressens ces mots fragiles et douloureux, et à la fois profonds
ils demeurent pourtant sur le papier, ancrés à jamais par l’encre, parcourus par mille regards, savourés par mille poètes … savoir lire un poème n’est pas chose aisée, savoir décrypter ce langage particulier est un sentier quasi sans issue comme un labyrinthe, car chacun son chemin…pourtant les mots de Rilke nous interpelle... ils résonnent comme l'écho faisant vibrer notre sensibilité .
***
Ce qui est le plus étrange alors que je préparais ce billeten mode brouillon, je commençais en parallèle le livre offert par Babelio nommant Rilke pur hasard je ne sais pas du tout...
03 novembre 2009
Livre voyageur - Allumer le chat
![]()
ALLUMER LE CHAT DE CONSTANTINE Barbara
éh éh le chat se réveille !!

Allumer le chat de Barbara Constantine devient le livre voyageur en remerciement aux deux livres voyageurs auxquels je participe.
voyez le billet sur ce livre ici, si il vous tente vous pouvez vous inscrire pour découvrir ce petit livre drôle et original. Âme sensible ou étroite s'abstenir.
Ce livre part vers le Québec en primeur, il nous reviendra prochainement.
Je vous demanderai à tout participant de ne pas corner les pages, ça serait sympa aussi d'ajouter un petit mot ou note avec vos adresses de votre blog ou/et mail ou pseudo sur l'envers de la couverture, si il manque de la place agrafez une page supplémentaire. C'est pour avoir un souvenir de ce voyage entre lecteurs, un partage de mots, vous pourrez laisser aussi un commentaire sur mon blog après votre lecture et m'informer de la bonne réception et de l'envoi de celui ci soit en commentaire soit en mail par contacter l'auteur afin de suivre l'évolution du voyage.
je vous souhaite une bonne lecture et un moment de détente avec "Allumer le chat"
Premier voyage et long voyage: des Ardennes vers la belle ville de Québec
Deuxième voyage encore plus long : du Québec pays du grand nord vers l'ïle de la Réunion chez XL une belle escale qui promet des pages ensoleillées. N'est-ce pas merveilleux pour ce livre de vivre d'aussi beaux voyages... pour un livre voyageur je trouve cela parfait, ça serait marrant qu'il puisse faire le tour du monde ! Le livre est arrivé à bon port à l'ïle de la Réunion... Le livre est fini voir son commentaire sur son blog
Troisième voyage : après l'ïle de la Réunion, notre petit chat va repartir vers la France tout en haut il ira chez liliba .... il est bien arrivé dans le nord ce charmant minou retournera vers un climat plus clément au Sud
Quatrième voyage : Le matou vient de quitter le Nord pour aller chez karine au Sud, ah quel voyage il se paie ce Bastos, petit veinard !
Cinquième voyage : chez gambadou vers la Bretagne quel petit chanceux ce chat de si belles régions à découvrir...
Sixième voyage : de Gambadou vers Keisa à suivre
La chorale des maîtres boucher de Louise Erdrich

Ce livre m'a été offert par chez les filles que je remercie ainsi que les éditions Le livre de poche
j'ai également profité de cette belle lettre "E" qui s'offrait à moi pour l'insérer dans mon challenge ABC 2009
Quatrième de couverture : De retour du front, Fidelis WaldvogelWaldvogel, un jeune soldat allemand, tente sa chance en Amérique. Avec pour seul bagage une valise pleine de couteaux et de saucisses, il s’arrête à Argus, dans le Dakota du Nord où, bientôt rejoint par sa femme et son fils, il décide d’ouvrir une boucherie et de fonder une chorale, en souvenir de celle des maîtres bouchers où chantait son père. Des années 1920 aux années 1950, entre l’Europe et l’Amérique, ce roman à la fois épique et intime retrace le destin d’une famille confrontée au tumulte du monde.
L'auteur :
Née dans le Dakota en 1954, Louise ErdrichErdrich est, avec Sherman Alexie, l’une des grandes voix de la nouvelle littérature indienne d’outre-Atlantiqueoutre-Atlantique. Si elle écrit, c’est pour réinventer la mémoire déchirée de ces communautés qui, aux confins des États-Unis, vivent sur les décombres d’un passé mythique. Mais l’auteur de L’Épouse antilope n’est pas seulement une ravaudeuse de légendes. Elle sait aussi marcher sur les brisées de ses illustres aînés, Faulkner ou Toni Morrison.
Mon avis : C'est un roman suffisamment long pour s'imprégner dans l'histoire, côtoyer les personnages au jour le jour dans cette petite bourgade du Dakota. L'écriture si douce nous invite sans façon à nous lover au coeur du village à regarder cette vie humaine, où s'entremêle drame, romance, vie familiale et sociale, avec tout ce que ça implique, rencontre, dispute, amour, maladie, jalousie, laisser pour compte, alcoolisme, décès, mariage, enfin toute une vie d'un village... J'ai particulièrement apprécié la façon dont l'auteur mine de rien nous emmène sur ce fleuve tantôt paisible tantôt furibond... une manière ne rebondir dans le roman qui nous captive d'un bout à l'autre, notre attachement au destin de la famille de Fidélis, de Delphine et Cyprian, nous touche profondément. Bien que la suite se dessine dans une logique si natuelle, le plaisir de découvrir les événements de cette épopée romanesque, flotte avec douceur au fil des pages. Sans pour autant être une curiosité, je dirai plutôt qu'on se prête au jeu des personnages, on compatit, on rumine, rage, on aimerait parfois bousculer les choses enfin de dénouer le coeur de l'intrigue, et c'est ainsi qu'on arrive au bout du roman. Malgré une certaine lassitude vers la fin, mais celle-ci nous surprend par la révélation d'une certaine "Un-pas-et-demiUn-pas-et-demi"... je n'en dis pas plus ...
En résumé : j'ai aimé ce roman bien que somme toute très classique dans son genre, l'écriture est très plaisante, empreinte d'une certaine poésie, rendant l'ensemble d'une extrême sensibilité humaine et sentimentale. Une histoire très humble pour un parcours atypique et modeste qui donne à mon avis cette force et cette douceur à la fois aux personnages. Un peu déçue par contre sur le titre qui laissait entendre une découverte sur la chorale qui a été que peu présente bien qu'elle fut le point de ralliement des villageaois, mais je m'attendais plus à découvrir cet ensemble vocal, alors qu'il est juste évoqué de temps en temps et superficiellement. Ce point méritait plus d'intensité, plus d'évocation et de description, plus de découverte...
l'intérêt réside dans la découverte de ce lieu "le dakota" bien qu'il n'est que peu de détail géographique mais plutôt la vie au quotidien entre deux guerres vécues par un Allemand en exil, ainsi que ce grand théâtre de la vie joué par une multitude d'acteurs des plus surprenants et attachants.
Une bonne lecture intéressante et plaisante sans être pour autant exceptionnelle et particulière, mais je le recommande à tout lecteur qui aime s'immiscier dans une autre époque vers un autre lieu et balayer une saga familiale.
Je remercie encore chez les filles et les éditions Le livre de poche pour ce moment de lecture agréable.
01 novembre 2009
Jaccottet Philippe
La nuit est une grande cité endormie où le vent souffle... Ph J
***
Parce qu'il y a comme ça des auteurs qui resteront pour moi, un refuge, un besoin, une lumière, incontestablement fidèles sur le rayon poésie de mon étagère ...
Parce que la poésie ce n'est pas seulement des textes bien rangés et ordonnés selon des règles strictes qui font frémir d'angoisse plus d'une plume ...
Parce que la poésie ce n'est pas toujours des histoires à l'eau de rose, qu'elle est parfois profonde et noire, simplement l'image d'un vécu coloré en prose
Parce qu'il y a des poètes qui méritent d'être un peu plus à la lumière
Parce que ... à vous de découvrir d'autres chemins, ces petites venelles sous bois qui cachent parfois des trésors inestimés à ce jour mais dans un autre temps qu'en sera-t-il ?
Les nouvelles du soir
8ème poème du premier recueil de poésies "L'Effraie" de Philippe Jaccottet
A l'heure où la lumière enfouit son visage dans notre cou, on crie les nouvelles du soir, on nous écorche. L'air est doux. Gens de passage dans cette ville, on pourra juste un peu s'asseoir au bord du fleuve où bouge un arbre à peine vert, après avoir mangé en hâte; aurais-je même le temps de faire ce voyage avant l'hiver, de t'embrasser avant de partir? Si tu m'aimes retiens-moi, le temps de reprendre souffle, au moins juste pour le printemps, qu'on nous laisse tranquilles longer la tremblante paix du fleuve, très loin jusqu'où s'allument les fabriques immobiles...
Mais pas moyen. Il ne faut pas que l'étranger qui marche se retourne, ou il serait changé en statue: on ne peut qu'avancer. Et les villes qui sont encore debout brûleront. Une chance que j'aie au moins visité Rome, l'an passé, que nous nous soyons vite aimés, avant l'absence, regardés encore une fois, vite embrassés, avant que l'on crie"Le Monde" à notre dernier monde ou "Ce soir" au dernier beau soir qui nous confonde...
Tu partiras. Déjà ton corps est moins réel que le courant qui l'use, et ses fumées au ciel ont plus de racines que nous. C'est inutile de nous forcer. regarde l'eau, comme elle file par la faille entre nos deux ombres. C'est la fin,
qui nous passe le goût de jouer au plus fin.
quand le classique rencontre le métal
J'ai très peu posté dans la rubrique musique, par manque de temps mais aussi ayant des goûts tellement variés que choisir tel ou tel artiste devient une difficulté ... ces goûts qui me font naviguer d'une extrême à une autre, du classique pur au plus hard sans vraiment apprécier le métal, j'aime quand les deux extrêmes se rencontrent et fusionnent donnant un mariage heureux... voici un exemple pas tout à fait représentatif disons qu'une chanteuse issue d'un groupe métal nous ravit quand elle se prête au classique...
je vous présente Tarja
je l'ai connu dans son groupe d'origine Nightwish (suis plus très sûre de l'orthographe), sa voix m'a subjuguée, et conquise écoutez plutôt ici dans un classique des plus classiques...
Tarja Turunen "Ave Maria"
par GilBlan
28 octobre 2009
c'est un petit coin de verdure - près de chez moi
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud - octobre 1870


un petit coin de verdure où se love un charmant lavoir, avouez qu'il y a de quoi être inspiré pour écrire... méditer ou tout simplement bouquiner... c'est un lieu où j'aime aller, sur le banc que vous ne pouvez voir d'ici, je peux laisser vagabonder mon esprit en admirant les jeux de lumière sur l'eau recouverte souvent par une variation de végétation...
si présente dans le texte de Rimbaud, ce cresson que l'on peut admirer dans les fossés, courant aux abords de l'eau...
Ce lavoir n'est pas d'origine plusieurs fois détruit, il a été restauré... dans ce dit lavoir Arthur y venait souvent forcément la ferme où il demeurait se trouvait à deux pas de cet endroit... aimait-il s'isoler dans ce petit coin de verdure pour se laisser aller à rêver... parait-il qu'il aurait gravé un vers sur l'une des poutres du lavoir d'origine...
photos sorties tout droit de mon objectif puis en dessous une aquarelle sortie tout de go de mes pinceaux soyez indulgents je ne suis qu'une débutante, je prends plus du plaisir à barbouiller plus qu'à m'appliquer... la photo comme l'aquarelle me subjugue pour leur côté magique à capturer un moment en le figeant sur papier... ces instants si fragiles qui nous donnent tant de fil à retordre pour les reproduire avec fidélité du moins aux couleurs de notre regard sur cette fugacité qui nous émeut...
c'était un petit message de vous à moi...


un projet à concrétiser
Si l'écriture abreuve ma passion des mots, elle est aussi la source de demandes en tout genre. J'aime écrire souvent dans l'inconnu, dans l'instant T, des tas de petites choses insignifiantes, ou au contraire je m'attache à répondre à un sujet bien précis pour un concours de poésie, prose et autre texte court... ça fait maintenant quelques années que j'éparpille ces petits riens dans tous les coins de la France, que j'offre également ma plume pour quelques occasions festives... j'ai perdu un tas de textes dans des disques durs qui m'ont lâchée... des papiers envolés dans mon fouillis, des textes remodelés, revisités, d'autres que je trouve idiots en les relisant... ces textes ci peuvent bien rester perdus dans les tréfonds de l'oubli, je n'en ferai point une sinécure, c'était leur destin de toute évidence... puis les autres qui me restent je me demandais comment les garder bien précieusement...si ça pourrait intéresser quelques amateurs de poésie ou de curiosité ???
Après mûre réflexion, je me suis dit après tout, faisant ce qu'il t'en plaira... qu'importe leur destinée, le vent les porteront en toute liberté ici et là, ailleurs ou nulle part quelle importance après tout...
l'essentiel était avant tout que je puisse les rassembler en un seul lieu afin de ne plus les égarer au fil du temps.. de les partager à ma famille et amis, et puis ensuite ils iront dormir bien tranquillement sur une étagère ou dans un placard... n'est-ce point le fâcheux destin de tous les bouquins en somme ?


