Une seconde  lecture dans le cadre du challenge “un mot des titres” , le livre du hasard, pour un auteur  qui vivait modestement à quelques battements d’ailes de chez moi.

Le soleil du désert

Présentation de l'éditeur

Jonas, quinze ans, se voit expédier par les siens au lycée de la ville voisine, où il doit poursuivre ses études. Il se trouve qu'il pense à tout autre chose qu'à étudier. Il s'endort dans le train, descend à la mauvaise gare, flâne dans un bourg pavoisé pour la fête, s'amuse avec ceux de son âge, entrevoit une fille aux longs cheveux noirs et aux yeux verts qui répond an nom bizarre de Suzannah, la perd de vue... De nouveau il succombe au sommeil et se retrouve au milieu d'un bizarre désert : les gens qu'il rencontre
lui tiennent des propos incompréhensibles, un géant lui arrache sa cravate, une vieille femme lui lance à la figure des paroles peu plaisantes... Enfin Suzannah reparaît, ce qui n'est pas forcément pour simplifier les choses... Car la beauté, si elle éclaire d'un jour surprenant la sage grisaille du monde, a une drôle de façon de venir en aide à ceux qui se sont perdus en route. Dhôtel au pays des merveilles...

Biographie de l'auteur

ANDRÉ DHOTEL (1900-1991) : " Méfiez-vous de Dhôtel, aimait à dire Henri Thomas, méfiez-vous de sa redoutable simplicité ". Est-ce à force de se méfier qu'on l'a oublié ? Jean Paulhan, qui fût son éditeur, assurait que la postérité, malgré ses célèbres caprices, rangerait un jour les livres de Dhôtel au seul rang qu'ils méritaient : le premier.

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Une histoire qui débute simplement mais qui soudain bascule dans une autre dimension. Le petit Jonas après avoir piquer un petit roupillon à l’arrière de la voiture de son oncle, se retrouve dans un pays étrange, ou les habitants ne sont pas moins bizarres que leurs propos d’une teneur abracadabrante. Jonas vivrait-il un rêve éveillé ? Le côté irréel est vraiment réussi, on doute, on tâtonne, tentant de deviner pourquoi toutes ces bizarreries qui se succèdent quand le “cauchemar” prend fin. Le voile se lève sur un mystère qui n’est qu’une suite de malencontreuses coïncidences, plus rien n’est à craindre. Tout devient clair comme l’eau de roche. Le désert n’est ici que notre champagne “pouilleuse” (je ne vais pas vous faire un cours pour vous expliquer pourquoi pouilleuse !!!). De grandes étendues à perte de vue, sans habitations, des cultures sur une terre pleine de craie . Voilà sans doute l’explication à ce titre : le soleil du désert !

Dhôtel a toujours le charme de nous embarquer dans le sillage de sa plume pour des aventures qui démarrent sur les chapeaux de roues, mais qui au final retombent trop vite comme un soufflet. Dommage j’aurais aimé une fin plus explosive, plus onirique !  Malgré tout, on apprécie la justesse de la langue épicée d’humour et de courtoisie.

Cette histoire chemine vers une moralité, les personnages espiègles, et Jonas qui se laisse aller à ce joyeux enchaînement de faits, ne sont que les acteurs de cette fable. Il rencontre des gens avec la tête dans les étoiles, quoique rien d’étonnant, quand ce personnage est un astronome : “ Simplement, dit l’homme, je m’applique à vous ramener à la réalité. Si vous suivez mes explications, vous serez mieux assuré d’avoir un esprit clair et éveillé. En outre vous prendrez conscience d’habiter une planète solitaire dans le firmament, et vous ne vous étonnerez pas d’être un peu perdu. Au contraire, vous serez heureux et surpris que les étoiles vous situent, malgré tout, dans ce monde infini, et vous n’aurez plus à vous soucier de connaître le nom d’un misérable département. “

Au début de ses mésaventures Jonas n’avait qu’une idée en tête, savoir où il avait atterri, et comment rejoindre le lieu où il devrait se trouver. Après l’astronome, il croise aussi un géant, puis un garçon somnambule Victor qui ne semble pas plus endormi que Jonas et pas très sensé, la tête lui aussi dans les étoiles. Jonas, commence doucement à abdiquer à vouloir comprendre le sens de toute cette histoire farfelue : “ ----le visage tourné vers les étoiles, oubliait qu’il était Jonas Souchalant, futur élève de première au lycée. Simplement étonné d’être vivant, dans le lointain des espaces fourmillant d’étoiles. “

Puis il y a cette fille étrange, Suzannah, fascinante avec un regard d’un vert éblouissant. Jonas est tombé sous le charme, comme envoûté par ce regard pénétrant : “ Jonas parvenait difficilement à rassembler ses pensées. Ce fut d’abord l’image de Suzannah, qui s’imposa à son esprit et à son cœur. Le visage de Suzannah, qu’il avait longuement examiné tout à l’heure, à la porte de ce faux manoir, apparaissait différent, et les regards de ses yeux verts avaient une acuité dénuée de toute amitié. Mais cette image était pénétrée d’une lumière qui, sans adoucir les traits, leur donnait une beauté qu’il semblait impossible de comprendre jamais. Un visage hors d’atteinte comme un espoir impossible. “

Suzannah, fuit une sœur, qui elle  désire retrouver sa sœur bien aimée. Toute une manigance se montera avec l’aide de Jonas et les habitants pour résoudre ce problème. La fin est heureuse, tout finit bien comme dans les contes de fée.

 

En résumé, une lecture plaisante sans grande prétention mais qui pourtant nous embarque dans un monde à la frontière du réel et du rêve.