Bougie

Source

L’éloignement de cet espace, parfois m’appelle à vous faire partager une lecture qui mérite d’être ici, je sais déjà que l’une d’entre vous en sera ravie, celle la même qui sait que ce blog ne correspond plus à mes envies, à mes attentes et me mange mon temps. Toutefois, je voulais vous souffler que cette auteure si peu médiatisée , je ne l’aurais pas connue sans mon blog, sans l’Or. Déjà vous savez qui est-ce ? Mais je n’ai pas envie non plus de faire un billet comme tant de fois, même schéma, même forme, même résonnance creuse, nue… Juste vous souffler,que la danse d’une lueur dans une pièce réchauffe plus que l’on croit. Si je vous dis, fenêtre, bougie, chambre, écrire,  avez-vous trouvé ?

C’est un livre, qui ressemble à s’y méprendre de très prés aux précédents, mais de très loin à aucun autre.

Un arrêt sur image, sa vie au point T, qu’est-ce qu’une vie en somme, un tas de bonheur, de souffrances, de vécus, de ratés, de blessures et d’amour… Qu’est –ce qui est plus fort que tout, plus beau et inexplicable ? Vous, lectrices, vous avez la réponse si dans votre chair vous avez porter le fruit de votre amour.

Et puis, ce verbe qui sans doute m’ a fait aimer cette auteure, ce verbe qui sans lui, ce billet ne serait pas, pourtant je n’adhère pas totalement à sa définition qu’elle nous donne dans ce recueil. Car oui, ce n’est pas un roman, c’est un recueil de petits textes, je ne sais comment les nommer en réalité, c’est comme une dialogue sans en être un, elle nous conte un peu, beaucoup, passionnément d’elle. Elle : mère, elle femme, elle auteure, elle tout simplement. Puis elle nous dévoile une partie de ses origines longtemps ignorées.

On se perd nullement, même si le titre évoque cette perdition dans cette ombre, l’ombre d’une vie passée, l’ombre de l’attente, l’ombre d’un avenir fragile qui a chaque instant peut s’éteindre comme la flamme d’une bougie, un souffle et puis plus rien. Nous sommes que cette bougie qui se consume, qui rayonne et réchauffe.

Si j’écris, c’est pour tenter de retrouver des éclats de ces merveilles englouties.

Si j’écris, c’est pour retrouver le chemin, les clefs de ce royaume perdu.” FL

Et coïncidence, je partais à petit pas  sur une note d’André Dhôtel, et j’ouvre ce livre je lis : “Il suffit qu’une amitié soit devenue lointaine, qu’un silence ait pesé et que le soleil brille soudain avec tant de beauté que les fenêtres semblent perdues au fond des âges” André Dhôtel … j’adhère totalement à ce qui suit dans ce livre, oui à la beauté des phrases, des mots, qui apaisent qui aident qui résonnent, écrire pour se perdre, pour se retrouver peut-être pour comprendre et oublier. .. J’aime son analyse de l’écriture malgré un bémol à cet abîme si profond. Quelque part, elle nous ouvre cette fenêtre sur un paysage à découvrir, sur cette paix et sérénité de chacun, trouver son refuge, et se laisser apaiser de tout son saoul. Sans doute, je ressens aussi ce décalage avec ce temps, cette frénésie de cette vie qui défile à tout va, un instant vouloir dire stop, et comme André Dhôtel se perd dans la contemplation d’un rayon de soleil. Respirer cette simplicité de vivre, tout à son image. Cette dimension outre mesure qui ne s’explique pas, simplement s’y fondre…voilà sans la clé d’un autre monde.

Je cite FL : N’est-ce pas à cause de cet égarement, fait d’ombre et d’oubli, que j’écris ? Pour retrouver mon chemin.

Simplement, un chemin…

Je dis merci à l’Or pour cette découverte à laquelle je m’abreuve de livre en livre, je dis merci à l’auteur de “Se perdre avec les ombres” Françoise Lefèvre d’avoir su nous livrer cette écriture, merci pour ce partage de ce verbe “Ecrire”, elle est à l’image de mon ressenti.

Je cite FL : Oublier les jours, les années à aimer, écrire, veiller comme la sentinelle que je n’ai jamais cessé d’être. Comment retrouver la clé d’un royaume perdu ? Il suffit d’une chambre de hasard, de la flamme d’une chandelle, d’un chagrin vieux comme le monde. Ecrire devient le dernier refuge. Le dernier lien. Vieillir. Ecrire. C’est pareil. C’est ramasser le petit bois mort de la vie pour en faire un livre. Mais le livre le plus lumineux, ne serait-ce pas celui dont on laisse les mots défiler sous nos paupières et qu’on écrira jamais ?

Dans l’ombre de ce blog, je reprends le chemin de la lecture, je reviendrai déposer une note de temps  à autre… sachez dire Stop, sachez ouvrir la fenêtre, prendre le temps avant qu’elle ne se referme à jamais…Bonne lecture, et à toi l’Or, un grand merci pour ces moments de lectures divines.