Lignes de fond

Donald Gore, engagé dans les brigades républicaines espagnoles, est arrêté par les franquistes. Dans la solitude de sa geôle, les souvenirs affleurent : son enfance au bord de l'eau, la mort de sa mère, la relation trouble avec son père. Et Rose, sa professeur de piano et future belle-mère, à qui il voue une passion charnelle. Elle le sauvera d'une mort certaine en échange d'une terrible trahison...

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C’est un roman tantôt passionnant, tantôt bouleversant, qui flotte entre passé et présent, entre souvenirs et remords, entre trahison et passion.

L’ambiance est  vivifiante, les pieds dans la mer à planter les lignes de fond, technique de pêche que j’ai découvert à travers cette histoire qui consiste tout simplement à tirer des lignes parsemées de hameçons entre deux piquets sur la plage, puis quand la marée a fait son oeuvre, il ne reste plus qu’à récolter les dons des eaux. Dans ce silence, le père et le fils tissent des liens pourtant difficiles mais très serrés, conflictuels mais éternels.

Une relation donc difficile et houleuse entre le père et le fils, où vient s’interposer la pétillante Rose, professeur de piano, la musique, comme lien, offre une mélodie à ce roman.

En toile de fond, le conflit Irlandais, et l'Espagne de Franco. Partie pas très creusée, mais suffisante pour ressentir les horreurs d’une guerre.

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Un petit roman à la plume agréable, qui nous emporte et nous enchante. La fin est particulière bien que très belle, elle tranche radicalement avec le reste, à se demander pourquoi l’auteur a choisi cette issue ? Une façon de couper court ? Une ouverture ou une conclusion qui nous laisse pantois. Et pourtant, merveilleuse !

Page 183 : Maintenant mon père simple ébauche qui se dessinait sur le ciel, la prit par le bras et l’entraîna comme en promenade, un couple qui profite de la douceur d’une soirée d’été. Je compris que c’était elle qu’il voulait et rien d’autre, et les regardai s’éloigner dans la fine lumière du crépuscule, traverser les étendues de sable, de mer et d’air qui viraient du mauve au pourpre,  à l’argent, et dans lesquelles ils disparurent. Baissant la tête je vis mes pieds nus et constatai qu’il avait emporté mes souliers.

Des passages très tendres et sensuels parcourent le récit, avec toujours ce rapport avec la mer omniprésente dans ce roman : Page 125Nous nous réveillâmes à la pointe du jour. Une lumière pâle, aqueuse, passait par la fenêtre. Allongé, j’apercevais l’eau calmée qui s’étendait sur la promenade. La tête de Rose reposait dans mes bras, ses cheveux répandus comme des algues sur ma poitrine.

Pour résumé, un roman particulier mais intéressant, j’ai bien aimé la plume de cet auteur que je ne connaissais aucunement ; il est plus connu dans le milieu cinématographique puisqu’il est aussi scénariste et metteur en scène.

Né à Sligo en Irlande en 1951, j’inscris ce livre au challenge voisins1

Ps : petit billet, manque de temps actuellement…