Un grand merci à Liliba qui m’a proposée de m’envoyer ce livre j’avais lu le premier roman du même auteur “Le libraire a aimé” en tant que livre voyageur déjà de chez Liliba, j’avais aimé ce style à la fois énergique et raffiné.

c’est donc avec plaisir que j’ai accepté sa proposition de lecture.

L’histoire est courte, voici la quatrième de couverture

Marianne découvre parmi les archives de son père un étrange carnet. Il contient des pages entières d’avis de recherche découpés dans des journaux. Avec ces filles perdues qu’il faut bien retrouver, cela devient aussi l’histoire de Marc, le détective engagé par Marianne. Et puis il y a les pères, partout. comme des ombres inquiétantes. Ces pères qui ont traversé 68 et qui n’ont transmis à leurs enfants, pour se défendre, qu’un certain goût pour la liberté…

venise

Mon avis

Avec ce petit condensé de quatrième de couverture, déjà l’interrogation s’impose, le roman serait-il plus policier que psychologique ? je dirais ni l’un ni l’autre mais tout simplement des vies qui se révèlent au fil des pages, par ce petit carnet, déclencheur d’interrogations sur ce père que Marianne tente de savoir qui est-il réellement. Serait-il un sérial thriller ? C’est tout un cheminement que l’auteur nous invite en filigrane à partager entre la vie de ces filles disparues, Marc père de famille et divorcé, et Marianne sans enfant, son père …

Avec ces histoires de disparition, Marc découvre tout le long de ses recherches que ces fameuses disparitions sont le plus souvent des tableaux simulés pour fuir un mal être relationnel entre parents-enfants- selon les filles vous pourrez aborder différentes situations qui les ont poussées  à prendre un jour la poudre d’escampette, de claquer la porte et vivre leur vie comme elles l’entendaient…

C’est avec beaucoup de simplicité et de charme que Sophie Poirier nous peint ces décors humains dont les soupçons sont à peine visibles aux primes abords du roman.

Je dois dire que toute personne qui  dans sa famille a connu un jour une histoire de disparition s’interroge : est-ce vraiment une disparition ou est-ce simplement un besoin de s’effacer d’une vie qui ne convenait plus ? Je puis vous dire que je suis concernée et ce livre m’a fortement bouleversée ce grand mot qui résonne encore dans mes pensées comme autant de questions sans réponse : POURQUOI ?  Vouloir connaître la réelle volonté de disparaître est-elle moins ou plus cruelle que ne rien savoir ? L’ignorance qui nous taraude et nous submerge d’incompréhension. Comment définir ce mot : disparition quand on ne sait rien…

Cependant ne voyez pas en ce livre que des histoires de disparition à résoudre, disons qu’elles permettent à l’auteur de nous conter ces maux de la vie, ces liens à dénouer, ces sentiments à partager, à accepter l’autre tel qu’il est…apprendre à se connaître soi-même…

Un petit roman, certes mais pourtant il est riche de questionnement, c’est comme à la croisée des chemins, l’auteur vous suggère un tas de direction à explorer, à vous de suivre le chemin qui vous séduit, à vous de les découvrir un à un à votre guise…

Ce livre est la promesse d’un voyage au tréfonds de l’humain…

Dans ce deuxième roman de Sophie Poirier on ressent le travail qui s’affirme, plus de force et plus de tenue, que le premier roman qui je le répète est pour moi  une histoire ces premiers romans dont j’en ai fait un challenge… un premier roman est toute une effervescence avec ses faiblesses, ses petits défauts et ses fragilités mais toujours un sacré tremplin vers l’avant, la preuve en est, car on ressent bien ici avec Sophie Poirier, l’affirmation d’un auteur qui se révèle de livre en livre…Attendons de lire le 3ème …

Extrait court : Parce que certaines découvertes, certaines expériences, des détails parfois, s’étirent jusqu’à devenir des immensités dans la tête, indéboulonnables.

Parce qu’on ne choisit pas ce qui s’oublie.

Encore merci Liliba…