Un grand merci à Sylvie pour ce livre voyageur , voir son billet par ici

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Avant de vous en dire plus, merci de visionner la vidéo qui vous donnera le ton du roman


Tout contre : un roman de Marie-Florence Gros
envoyé par square_renoir. - Regardez plus de courts métrages.

Lire le début du livre woauuuuuuuuu et déjà vous plongez dans cet entre deux dimensions, jouer avec les arcanes du temps, c’est troublant !


J’ai ouvert le livre qui m’attendait depuis plusieurs jours, et quand son tour est arrivé, j’ai regretté de ne pas l’avoir commencé avant, parce qu’il faut que je le relise absolument, Stp Sylvie, autorise –moi ce plaisir, une torsion du temps que j’ai peu…

Pourquoi une deuxième lecture ?

Non que je sois si bête que ça, et que je n’aie pas tout compris, non, non pas du tout …

J’ai compris mais tout s’est éclairé à la fin, du coup, j’ai eu l’impression d’avoir gâché tout le début, agrrrrrrrrrrrrrrrrr donc je reprends ce livre et je le relis une deuxième fois pour savourer toute l’architecture renversante de ce livre à contretemps.

ahhhhhhhhh j’adore les dimensions intemporelles, parallèles enfin qui me donnent des ailes, j’adore glisser sans trop savoir où le livre me mène, c’est enivrant, c’est géant, décoiffant, et avec tout ça, d’une tendresse extrême, tout est mesuré, pesé, cadencé, orchestré mais tout ça, on n’en prend conscience, enfin pour ma part, uniquement quand  on capte qu’il ne faut surtout pas chercher à comprendre qui, quoi où comment, nananna !!!

C’est un roman pas comme les autres, ouf ! tant mieux car j’aime les romans dérangeants pas comme les autres !  de l’originalité, diantre, un livre qui nous chahute, qui nous bouscule et nous renverse à l’envers !

Hier devient aujourd’hui, et aujourd'hui c’était hier, ah oui, si vous le dites !

Mais oui, c’est possible, écrire l’histoire d’un livre qui est déjà édité ou les personnages du bouquin sont bien réels et tiens comme c’est étrange ! Vivre ensemble mais pas dans la même rue, encore oui c’est possible !

Ah oui j’adore tout ça, ce méli-mélo qui me fait tourner la tête, un peu comme un labyrinthe  où vous entrez mais  ne savez pas si vous en sortirez et surtout quand et dans quel état ! 

Alors là vous pénétrez sans le savoir notez-le quand même au passage, dans un espace qui se révèle être un labyrinthe mais pas n’importe lequel, j’ai nommé le labyrinthe du temps !

Un coup à hier, et hop marche arrière, un coup demain et non ce n’est pas la bonne issue, on  se perd, on panique, on crie au secours, mais on se prête au jeu, on court, court de page en page, on déguste, on aime, cette folie si douce au fil des mots, de cette histoire qui nous fait perdre la tête,

“il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres” (c’est écrit sur la couverture, déjà cela aurait du me mettre la puce à l’oreille)

Et puis, enfin Mesdames et Messieurs, tout s’éclaire, vous venez de trouver le plan du labyrinthe et tout devient si évident, si tentant de faire demi tour pour y retourner et tout explorer à nouveau en savourant chaque petit coin, chaque tournant et croisement du temps… quelle jubilation !

C’est fabuleux, chapeau bas pour un premier roman c’est bufflant ! Bravo l’artiste ! Forcément il rejoint le C1R  image_c1r

Ne pas en dire trop sous peine de gâcher ce plaisir de cette chasse au temps, comme un trésor, et si c’était ça la clé du mystère de cette histoire d’amour à mille temps, se laisser emporter sur cette valse …


Pour les extraits

Me voilà à nouveau avec un beau livre papillon, malgré que j’ai toutefois noté des “j’en fais trop” mais c’est tout le charme des premiers romans, non ! ces petites scories, ici et là, ça montre bien la patte de l’auteur apprenti qui a encore besoin d’aiguiser sa plume, et j’espère qu’elle nous fera le plaisir d’un second roman.

Dans l’ensemble l’écriture est tout à fait à mon goût, douce, poétique, malgré ce que je viens de dire ci-dessus, mais le papillon a pris forme tout au long de ma lecture :

1) l’ambiance livresque : page 17 “ En dehors de toute autre considération, j’ai aimé ta bibliothèque. Tout ton appartement était une grand bibliothèque. Chaque mur, lambrissé de littérature, était une gourmandise. *****en rangs serrés, disciplinés, ils déployaient leurs couleurs dans un désordre choisi, comme l’étal d’une pâtisserie réorganisé par un enfant. Il y avait les grands classiques, ceux que j’aimais déjà comme des habitués de longue date, comme des éclairs au chocolat, et les autres, ceux que je croyais connaître d’une relation plus intime, plus rare…Saramago, ou chocolat au basilic. “

Je me retrouve ici, car j’associe souvent le plaisir de lecture au plaisir de bouche, employant souvent le vocabulaire culinaire et alimentaire pour exprimer mon plaisir de lire.

2) un peu plus loin dans le livre, l’auteur mélange le vocabulaire littéraire, musical, et culinaire : Page 45 “ tu pars en voyage, je fais des provisions de lecture, et je commence à écrire un conte pour enfants. Une histoire de sorcières, bien sûr. Le bureau est ma marmite. Je fais chauffer des ingrédients traditionnels et j’y rajoute quelques condiments bizarres , comme en cuisine.

Je commence à maîtriser ton clavier d’épices. Je fais des accords assez harmonieux, avec quelques dissonances encore…

Dans l’ordinateur, je jette ma sorcière kabamska, un chat bleu, un canasson paralysé, un miroir farceur, trois géants, un météorologue, quatre coups de foudre et je touille.”

Je ressens tout à fait ce parallèle de l’écriture à la cuisine, la créativité tout simplement, savoir doser harmonieusement les bons ingrédients pour en faire un plat succulent et original, et selon les goûts ça plait ou pas, mais tout est une histoire de bon dosage de composition maîtrisée OU un heureux hasard : l’alchimie de cet ensemble donnant le résultat final : un bon roman, comme un bon plat à déguster et partager.

A la page 64, je commence à deviner cette perdition dans les méandres du temps : “ici, maintenant, dans la voix d’Andréa que la fatigue teinte de rocaille, Nestor devine les angoisses qu’il n’a pas encore vécues, et qu’il devrait vivre s’ils ne trouvent pas d’issue. (nous y voilà au cœur du labyrinthe ! )

- Demain pour moi, hier pour toi, chaque mot que je dirai, que tu m’as entendu dire, sera devenu malgré moi une clé. Mais une clé pour quoi ?

Forcément à ce stade du livre en lisant ça, on se sent largué, on se demande ce que l’auteur tente de nous révéler sans trop de lumière, à la deuxième lecture, forcément là, ce qui semblait flou devient net d’un coup, puissant et troublant. Puis un peu plus loin, un post-it encore collé : page 72 “ Entre toi et moi, chaque jour est un premier jour. Il n’y a que ça qui pèse, ce silence plein d’elle, comme une épaisseur élastique entre nous, plus ou moins dense selon les heures.”

Maintenant je réalise que ce post-it n’a pas été posé là pour la beauté de la phrase, mais bien comme un repère comme un petit caillou du petit poucet comme si l’auteur malgré tout, nous guidez sur le bon chemin. Quand je relève tous les passages en fin de lecture, l'interpellation du sens à l’histoire se fait plus net . En fait ils ont tous un point commun sans le savoir sans connaître la finalité de l’histoire ni la clé du roman… Plus encore en écrivant ce billet, je réalise que cette deuxième lecture s’est imposée malgré moi, comme une évidence incontournable.

Je continue et je relève encore page 76 “ Quand tu es là, chaque instant est seul, unique, suspendu, premier et dernier instant. Absolu bonheur au bord du désespoir. Un amour inhumain qui bat trop fort pour nous empoisonner dans le parfum des tulipes qui sentent le thé. Je te retrouve et tu m’enlaces comme si tu partais, avec cette puissance douceur d’un dernier moment, une tendresse bleue dans le regard.”

Là encore je constate, ce non-sens du temps, du moment de ces deux êtres qui semblent se perdre à chaque page, maintenant je saisis toute la profondeur de ces mots, l’ingéniosité de l’auteur de nous écrire un peu le livre à l’envers ou je dirais même en miroir…Alors arrive la page 123, et là je tombe sur le plan du labyrinthe , en apesanteur je contemple tout le schéma du livre et je tombe de haut, paf quelle cruche que je suis, mais c’est bien sûr, je dévore tout le reste en un rien de temps :” depuis que j’avais deviné qu’on vivait le temps en sens inverse l’un de l’autre, je savais que je n’irai pas au bout; Chaque matin  était un peu plus raide, un peu plus lourd; Je me réveillais avec cette même image, tous les jours : je marchais sur un fil,  à mille mètres de haut, un fil de soie brillant un peu effiloché… Je marchais vers ce dernier jour de notre histoire, qui serait le premier pour toi.”

Et voilà si vous n’avez pas compris avec ces passages bien je ne peux plus rien pour vous et je finis par une citation philosophique : Du point de vue de la philosophie positiviste,  le réel est indéterminable : (…) un modèle mathématique fondé sur cette notion de temps imaginaire prédit non seulement des effets déjà observés mais aussi des phénomènes que nous avions été incapables de mesurer jusqu'alors tout en les accréditant pour d’autres raisons. Alors, qu’est-ce qui est réel, qu’est-ce qui est imaginaire ? –Stephen Hawking

Ne vous est-il jamais arrivé de vivre un instant présent et avoir l’intime conviction de l’avoir déjà vécu ? Moi si et c’est plus qu’étrange je me pose la question si je rêve ou si j’ai rêvé cet instant , là où je pourrai décrire ce qui va arriver, ça ne dure qu’un bref instant mais c’est troublant cette impression d’un vécu passé revécu dans le présent.


En résumé

N’ayez pas peur d’aborder ce livre, il est renversant certes mais très original, d’une belle écriture, c’est comme une douce chanson qu’on entendrait dans un demi-sommeil , laissez vous emporter par cette vague du temps, perdez vous dans le labyrinthe, écoutez ces deux voix en écho d’un amour en suspension entre hier et aujourd’hui… c’est sublime ! sachez lire à rebrousse poils, tentez cette lecture innovante, laissez au placard vos références et vos attentes, cessez de monter  dans le train filant sur “la voie ferrée du temps réel ordinaire”  l’aventure intemporelle vous guette, et quelle douce folie … merci à Marie-Florence GROS de ce plaisir hallucinant. 

visitez le site de l’auteur et écoutez “le bonheur” titre de son album “Autrement dit”


Le Bonheur - Mali Rochevive .........................music
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